Un peu de moi : ma région du Nord, mes goûts musicaux un peu décalés, ma passion pour le spectacle de rue, mes voyages... Un peu de tout : des blogs intéressants, de l'humour, des images, de l'émotion peut-être, de la vie, quoi...
Une belle vidéo nous montrant l'animation qui s'empare de Nantes lorsque Royal de Luxe investit la ville.
C'est le week-end dernier que la grand-mère a fait sa première sortie. A cette occasion, la Compagnie Royal de Luxe avait déployé les grands moyens. En même temps, elle n'a jamais su faire dans la discrétion ! Appréciez le mécanisme d'animation des géants. Et malgré cette machinerie, les "manipulateurs" parviennent à donner une démarche et une expression quasiment humaine aux "marionnettes".
Un détail à voir dans la vidéo : l'empilage de voitures surmontées d'un musicien, ça aussi, c'est signé Royal de Luxe... A Calais ils nous avaient fait le coup des voitures cousues dans la chaussée !
Pour ceux qui vivent sur une île déserte depuis 25 ans, Chez Dudu vous initie aujourd'hui à la saga Royal de Luxe.
Il s'agit d'une compagnie de théâtre de rue (Son fondateur dit maintenant théâtre de place, ce qui semble plus juste) présentant des spectacles démesurés, déjantés, pleins de bruits, de fureur et remplis d'humour. Basée à Nantes, elle fait des tournées dans le monde entier.
Nous les avons rencontrés pour la première fois à Lille en 1990 où ils présentaient « la véritable Histoire de France ». Ce fut là le début d'une longue histoire d'amour.
Mais laissonsJean Luc COURCOULT, auteur, metteur en scène et fondateur de la Compagnie Royal de Luxe nous présenter ce spectacle:
Notre spectacle se déroule dans un livre. Ce livre fait environ 7 mètres sur 4 mètres et 1.70 mètres d’épaisseur. Il contient une douzaine de pages.
Toute l’histoire se raconte à la manière de ces livres pour enfants, où chaque page contient des collages articulés, qui se déploient en trois dimensions.
Il s’agit d’un système scénique assez complexe, puisque chaque page fait 24 M2 et pèse près de 300 kilos. Ce n’est pas sans rappeler ces immenses toiles d’opéra ou ces grandes machineries de théâtre.
Le spectacle commence quand le livre est posé sur la place. Il faut une grue pour le décharger, il pèse près de 8 tonnes. Il est relié comme un vieux livre et on peut lire, gravé sur la tranche : « La Véritable Histoire de France ».
Pendant toute une journée, tous les accessoires sont placés autour du livre et on prépare les effets spéciaux. Une longue tringle qui porte tous les costumes, où Richelieu côtoie Napoléon et Marie Antoinette, prend place à côté du livre pendant qu’on installe les estrades des bruiteurs.
Comme pour tous les précédents spectacles du Royal, le montage se fait à vue et pendant plusieurs heures, une quinzaine de personnes s’affairent autour de ce livre et occupent la place.
L’histoire commence quand les gaulois ouvrent le livre de l’intérieur, en soulevant la couverture comme un couvercle.
Le mouvement des pages va rythmer le spectacle et à chaque page, une époque en chasse une autre. La rotation des pages est difficile mais ce changement de décor est magique.
Le château-fort Une Jeanne d'Arc revisitée
Christophe Colomb Napoléon à Moscou
Depuis deux jours, Chez Dudu essaie de vous télécharger un extrait vidéo du spectacle sans y parvenir ! En attendant, vous pouvez le visionner à cette adresse, sur le site de Royal de Luxe (en fouillant un peu car les documents sont très nombreux!) :
« Un galibot ch'est un infant qui étot imbauché à l'fosse.
Comme il étot tiot, i pouvot aler dins des galeries d'ù ches adultes i pouvottent pon aler.
L' 3 éd janvié 1813, un décré intérdit l' déchènte des mioches éd moins d' 10 innées. »
Citation de Wikipedia en Picard
Un galibot (de galibier, polisson) est un enfant embauché à la mine. Comme il était petit, il pouvait aller dans les galeries où les adultes ne pouvaient pénétrer. Le 3 janvier 1813, un décret interdit la descente des enfants de moins de 10 ans.
La famille Galibot est donc une famille de mineurs.
Le père est porion, c'est -à-dire contremaître. A l'origine, porion est le nom du poireau en picard. En d'autres termes, le porion « fait le poireau », il reste immobile et regarde les autres travailler. D'après Guy Dubois, dont nous vous parlerons bientôt, le terme viendrait plutôt de l'italien "caporione", signifiant chef de bande apporté par les travailleurs italiens immigrés et introduit dans les mines du sud de la France.
La fille est cafu. La cafu est une femme travaillant au fond de la mine ayant pour objectif a l'intérieur de celle-ci de ramasser les houilles. On les repère avec leur coiffes voilées. Le contraire de la cafu est la cribleuse. Celle ci est une femme travaillant au jour au triage, moulinage ou culbutage des berlines. Généralement , les cribleuses étaient appelés dans le jargon minier "les culs a gaillettes"
Les autres membres de la famille font penser plus aux traditions locales qu'à la mine.
Le grand-père est coulonneux, c'est-à-dire colombophile. Un coulon, c'est un pigeon.
Et là, nous revenons à Edmond Tanière, chantre du pays minier.
V'la les coulonneux
On évoque aussi dans la famille Galibot les géants de la ville de Douai : Gayant, sa femme Marie Cagenon et leurs trois enfants, Jacquot, Fillon et Binbin. Les « fêtes de Gayant » sont une institution dans la ville et se déroulent selon un cérémonial très codifié.
Famille Petcheux : Pêcheur. La mère est matlote, apparemment, elle vend le poisson sur les quais. La grand-mère est remailleuse, elle répare les filets de pêche. Le grand-père est sautrier. D'après le Glossaire du patois des matelots boulonnais, un sautrier est un bateau qui fait la pêche des sauterelles (crevettes). A terre, le sautrier serait celui qui pratique la pêche à la crevette à pied en bord de mer avec un haveneau, grand filet muni d'un long manche. Cette pêche se pratiquait autrefois à cheval. Aujourd’hui, en Belgique, Oostduinkerke est le seul lieu du monde où on peut encore voir les pêcheurs à cheval.
Quant à la fille elle est minker !!! Aucune explication trouvée à ce jour. Les lumières sur ce terme seront les bienvenues.
Enfin le fils, avec son berguenaere (son parapluie), prépare le Carnaval de Dunkerque... Non, nous ne vous soûlerons pas avec le folklore dunkerquois, il y a assez de sites sur le Web pour assouvir sa soif sur ce sujet...
Même pas une petite chanson du carnaval... C'est vrai, quoi ! Le blog Chez Dudu recèle déjà tant de chansons paillardes...