patois

Publié le 18 Avril 2020

En ces moments de confinement, Dudu fait une pause, le temps de jeter un regard rétrospectif sur la préhistoire de  Un grand bond vers le passé.
6 ans d'existence, pour passer de la naissance à l'âge de raison (???). Ainsi, nous allons exhumer quelques articles qui vous tireront des larmes, un sourire ou quelque rictus agacé.
Ce sera aussi l'occasion pour nos lecteurs de découvrir des recoins inconnus de Un grand bond vers le passé qui auraient, par le plus grand des hasards (!!!), pu leur échapper.
L'occasion aussi pour Dudu d'ajouter quelques commentaires, d'améliorer la présentation, de corriger des erreurs, si besoin était, dans les articles présentés.

Nous commencerons donc par l'année 2014 date de naissance de notre blog, et ceci jusqu'à la fin du confinement en espérant que celui-ci ne sera pas trop long et que nous n'allons pas devoir rééditer des articles datant de 2020...

4 avril 2014 

S'il existe une personnalité reflétant l'identité lilloise, ça ne peut être que Léopold Simons.

Un Lille d'après-guerre jusqu'aux années 60,
Un Lille des petites gens, où tout le monde n'avait pas l'eau courante et encore moins de salle de bains.
Un Lille des bonheurs tout simples : acheter un cornet de frites, écouter le joueur d'accordéon (l'accordéoneux),  s'asseoir au soleil...
Un Lille des jeux et traditions populaires : les braderies, les colombophiles (les coulonneux), les joueurs de bourle (les bourleux), les éleveurs de coqs de combat (les coqueleux), le montreur de marionnettes *.

* A ce sujet, nous nous permettons de vous rappeler l'existence d'un petit blog
annexe de 4 avril 2014 - Léopold Simons
(malheureusement toujours en attente de finition),
très justement intitulé "Héros de fil et de bois"
que vous pouvez rejoindre en cliquant -----> ici.

...ou là ------> 4 avril 2014 - Léopold Simons

 

Vous pouvez voir d'autres aspects du talent de Simons en cliquant -----> ici  
                                                                  ou ----->   
                                                          ou encore ----->   


 

 

[Copie de l'article Wikipedia le concernant]

Léopold Simons, né le 22 février 1901 à Lille et décédé le 17 octobre 1979, est un poète, peintre, caricaturiste, comédien et réalisateur français, connu principalement pour sa production littéraire en picard.
Né de parents belges, il est toujours resté attaché à sa ville natale et à son quartier, le faubourg des Postes, qu'il n'a jamais quitté.
Il suivit des cours de dessin dès l'enfance. Après la Première Guerre mondiale, il entre à l'École des beaux-arts de Lille où il est formé par Pharaon de Winter. Le quotidien L'Écho du Nord l'engage comme dessinateur en 1921.
Il a écrit des sketchs en picard qui ont immortalisé le parler populaire de Lille, et a joué avec Line Dariel Les Carottes sont cuites, radiodiffusées sur Radio PTT Nord avant la Seconde Guerre mondiale, puis sur Radio Lille. Simons jouait le rôle d'Alphonse, Line Dariel celui de Zulma.

On peut discuter sur le terme "picard" concernant la production littéraire de Simons. Chez Dudu vous en dira plus un de ces jours.

Aujourd'hui, nous vous invitons à jeter un coup d’œil sur une partie de sa production picturale qui nous raconte la vie quotidienne des Lillois au début du 20e siècle

4 avril 2014 - Léopold Simons

Léopold Simons Léopold Simons
Les lumières de la ville Au point d'eau La cuvelle du dimanche

 

Léopold Simons Léopold Simons Léopold Simons
L'accordéoneux Le bonheur Deux sous de frites

 

Léopold Simons Léopold Simons Léopold Simons
Le coulonneux Le coqueleux Le brocanteur

 

Léopold Simons

4 avril 2014 - Léopold Simons

4 avril 2014 - Léopold Simons

Les bourleux Le théâtre de marionnettes Scène de cabaret

 

Terminons par un autoportrait humoristiquement signé "mi", c'est-à-dire "moi".

Léopold Simons

Une autre fois, 4 avril 2014 - Léopold Simons vous parlera des autres productions de Simons.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #bourle, #coqueleux, #coulonneux, #leopold simons, #lille, #patois, #simons

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Publié le 16 Avril 2020

En ces moments de confinement, Dudu fait une pause, le temps de jeter un regard rétrospectif sur la préhistoire de  Un grand bond vers le passé.
6 ans d'existence, pour passer de la naissance à l'âge de raison (???). Ainsi, nous allons exhumer quelques articles qui vous tireront des larmes, un sourire ou quelque rictus agacé.
Ce sera aussi l'occasion pour nos lecteurs de découvrir des recoins inconnus de Un grand bond vers le passé qui auraient, par le plus grand des hasards (!!!), pu leur échapper.
L'occasion aussi pour Dudu d'ajouter quelques commentaires, d'améliorer la présentation, de corriger des erreurs, si besoin était, dans les articles présentés.

Nous commencerons donc par l'année 2014 date de naissance de notre blog, et ceci jusqu'à la fin du confinement en espérant que celui-ci ne sera pas trop long et que nous n'allons pas devoir rééditer des articles datant de 2020...

23 mars 2014 

Les fans de 23 mars 2014 - Trois dictons en patois illustrés par Roland Cuvelier sont depuis longtemps au courant, Dudu apprécie depuis toujours le picard. (Mais non, pas les surgelés. Cette blague est un peu usée...) Disons la langue picarde, et entre autres, le patois lillois.
Au point qu'une rubrique du Blog lui est entièrement consacrée, voir -----> ici.
Cet article du 23 mars 2014 était le premier d'une longue série.

 


 

3 dictons en patois illustrés par Cuvelier
Celui qui mange lentement, travaille lentement.
 
3 dictons en patois illustrés par Cuvelier
Mieux vaut un oiseau dans sa main que deux dans la haie.
 
3 dictons en patois illustrés par Cuvelier
Un cochon qui fait à sa façon, c'est la moitié de sa nourriture.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #cuvelier, #dicton, #osieau, #ouvreu, #patois, #picard, #pourcheau

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Publié le 10 Octobre 2019

Dans le cadre de notre grande rubrique "Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes" (voir -----> ici), Si j'avos su... a le plaisir de vous présenter aujourd'hui une œuvre inoubliable interprétée par le grand Raoul de Godewarsvelde, bien sûr très présent dans nos pages (voir -----> ici) :


 Si j'avos su, j'aros resté garchon

Version originale de Bertal, chanteur populaire lillois des années 20, 30 et 40

 

Maintenant une écoute agrémentée d'images tirées du livre Les chansons en imaches de Raoul de Godewarsvelde (Éditions Imbroglio - 2006).

Si j'avos su...

Attention, ne vous fiez pas aux paroles écrites dans la bande dessinée, la transcription est très approximative...

 

Voici maintenant les vraies paroles de ce chef d’œuvre :
(Notez que le deuxième couplet est complétement différent de la version originale de Bertal)

 

À vingt-chinq ans quand j'ai connu Lodie
Je n' vous l' cache point, j' l'aimos comme mes deux yeux
Pour li prouver je l' marios à l' brad'rie
J' comptos fin bien avoir un sort heureux
Mais j' n'avos point pus tros s'maines eud' ménache
Qu'elle retournot déjà tout dins m' mason
Que d' fos j'ai dit, in pinsant au mariache
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon


Auparavant elle n'étot point coquette
Même eul' dimanche, elle mettot point d' capieau
À ch't' heure la belle, i li faut de l' toilette
À chaque saison, i li faut du nouvieau
À l' poud' eud' riz, elle barboulle sin visache
Elle frise s' tiête tout comme un quien mouton
Elle se gasconne, faut intinde sin lingache
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon


Comme tous les jours, eun' nouvielle maladie
Est découverte par tous ches brafes méd'cins
Cont' les microbes, elle prind de l' garantie,
In avalant du g'nief' tous les matins
Dins les cantines, jusqu'au vin elle mesure
Elle est connue tout à fait comme l'houblon
À tous les r'pas, j' minge des peimmes tierre à l' plure
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon


Jeunes gins quind vous verrez qu'eun' sainte-nitouche
Vous parle d'amour, in abachant ses yeux
Méfiez-vous z'in, car bien souvint ch'est louche
Faire du batt'mint, ch'est c' qu'eun' femme elle fait d'mieux
Eun' fos marié, ch'est l'boulet pour la vie
Qu'il faut traîner hélas sans rémission
J'in ai la preuve, par m' puante Lodie
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon

 

Passons à l'étude linguistique de cet immense texte littéraire :

Conjugaison
- Tout d'abord, un retour rapide sur la conjugaison à l'imparfait où les terminaisons en ais, ait... se font en os, ot... J' l'aimos, je l' marios, j' comptos, j' n'avos, elle retournot, elle n'étot, elle mettot.
Prononciation
- En patois lillois, les "ge" finaux se transforment souvent en "che", voir ménache, mariache, visache, lingache...
De même, le son "s" devient bien souvent "ch" : vingt-chinq, garchon, à ch't' heure (à cette heure, maintenant), in abachant (en abaissant), ch'est...
- Le son "an" se transforme souvent en "in" : dins, in pinsant, intinde, elle prind, j' minge, souvint, du batt'mint, j'in ai la preuve...
- Dans certains mots, on intercale un "i" dans la  dernière syllabe non muette : s' tiête, nouvielle, et particulièrement dans les noms en "eau": capieau (chapeau), nouvieau...
Mots et expressions
- Je l' marios à l' brad'rie (Je l'épousais à la braderie). La braderie de Lille est un événement important. Se marier à la braderie fait donc partie d'un grand événement... A noter l'emploi de marier en tant que verbe transitif : je la mariais.
- Si j'avos su, j'aros resté garchon. On pense indéniablement à la réplique du petit Gibus dans La Guerre des Boutons : Si j'aurais su, j'aurais pas venu. A la différence que la patois utilise correctement l'indicatif dans la première partie de la phrase. Par contre, "j'aros resté" fait un peu grincer les oreilles !

Si j'avos su...


- fin bien : dans cette expression "fin" veut dire très, extrêmement. On retrouve ce mot dans fin bénache (très tranquille, très heureux) ou fin bieau.
- un quien mouton : un chien mouton, bien sûr un caniche.
- Elle se gasconne : elle soigne son langage, n'emploie pas de mots patois. Elle a une attitude affectée et prétentieuse.
- du g'nief' : du genièvre. Jusque dans les années 50, il était encore habituel de se donner "un petit coup de fouet" en avalant un verre de genièvre avant de partir au travail. Il paraît que même les enfants avaient droit à un p'tit verre avant d'aller à l'école de bon matin...
- Elle est connue comme l'houblon (comme le houblon) : on pense tout de suite à l'expression "connu comme le loup blanc". Apparemment, elle se serait déformée dans les estaminets du Nord devant les pintes de bière... Certaines sources vont jusqu'à prétendre que l'expression "comme le houblon" est antérieure à l'autre ! Mais Dudu pense que la mauvaise foi régionaliste n'est pas loin...

Si j'avos su...


- des peimmes tierre à l' p'lure (des pommes de terre à la pelure). "Un sauret (hareng saur) et des peimmes tierre à l' p'lure" : un festin pour un vrai nordiste !

Si j'avos su...

 

Voilà qui clôt notre page musicale, culturelle et régionale.
Si j'avos su... espère que vous vous êtes cultivés ou pour le moins un peu amusés.

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #bertal, #garchon, #lille, #patois, #raoul, #raoul de godewarsvelde, #si j'avos su

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Publié le 15 Mars 2019

Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes...

Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes se doit de connaître !

Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :

Cliquez donc -----> ici

Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...

Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.

Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...  

Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :

Refrain :

Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu,
dins ches cafés.-concerts,
In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres

À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école,
j’allos à l’école du père Anatole
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni

Refrain

À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion,
j’ faisos m’communion à l’église St Jean
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle

Refrain

À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse,
j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels

Refrain

À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine,
j’allos à l’usine du vieux père Achille
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil

Refrain

À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel,
j’ai passé l’ consel pour la révision
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis

Refrain

À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine,
j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji

Refrain

À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre,
j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie

Refrain

À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant,
j’avos un infant, gros comme un cochon
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi

Refrain

 

Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...

 

boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.

cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes
Œuvre de Léopold Simons (voir -----> ici)

candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier !
Voir la lettre C dans l'article -----> ici

consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files.
Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil.
Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...

gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse.
Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.

Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe)
Trinner dins ses maronnes. (avoir peur)
Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande)
N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet)
Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li !
Pour parler d'une mauvaise bière, on dit:
- Alle sint l' maronne du brasseux !
I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones.
(Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-

Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis...
néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...

quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.

On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine.
Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"

siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle

toudis : toujours, voir -----> ici

Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois :
J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos
elle dijot, i' étot
z' étottent
les "ai" finaux du français se transforment en "o".
A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

 

Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules.
Deux titres reprennent le thème :

Ratatchu bochu

et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)

Les bochus

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #boujon, #capenoules, #charlot l'bochu, #maronne, #patois, #picard, #toudis

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Publié le 15 Mars 2019

Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes...

Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes se doit de connaître !

Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :

Cliquez donc -----> ici

Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...

Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.

Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...  

Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :

Refrain :

Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu,
dins ches cafés.-concerts,
In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres

À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école,
j’allos à l’école du père Anatole
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni

Refrain

À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion,
j’ faisos m’communion à l’église St Jean
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle

Refrain

À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse,
j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels

Refrain

À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine,
j’allos à l’usine du vieux père Achille
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil

Refrain

À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel,
j’ai passé l’ consel pour la révision
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis

Refrain

À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine,
j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji

Refrain

À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre,
j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie

Refrain

À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant,
j’avos un infant, gros comme un cochon
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi

Refrain

 

Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...

 

boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.

cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes
Œuvre de Léopold Simons (voir -----> ici)

candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier !
Voir la lettre C dans l'article -----> ici

consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files.
Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil.
Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...

gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse.
Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.

Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe)
Trinner dins ses maronnes. (avoir peur)
Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande)
N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet)
Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li !
Pour parler d'une mauvaise bière, on dit:
- Alle sint l' maronne du brasseux !
I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones.
(Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-

Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis...
néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...

quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.

On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine.
Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"

siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle

toudis : toujours, voir -----> ici

Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois :
J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos
elle dijot, i' étot
z' étottent
les "ai" finaux du français se transforment en "o".
A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

 

Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules.
Deux titres reprennent le thème :

Ratatchu bochu

et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)

Les bochus

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #boujon, #capenoules, #charlot l'bochu, #maronne, #patois, #picard, #toudis

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Publié le 15 Mars 2019

Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes...

Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes se doit de connaître !

Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :

Cliquez donc -----> ici

Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...

Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.

Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...  

Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :

Refrain :

Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu,
dins ches cafés.-concerts,
In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres

À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école,
j’allos à l’école du père Anatole
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni

Refrain

À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion,
j’ faisos m’communion à l’église St Jean
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle

Refrain

À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse,
j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels

Refrain

À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine,
j’allos à l’usine du vieux père Achille
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil

Refrain

À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel,
j’ai passé l’ consel pour la révision
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis

Refrain

À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine,
j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji

Refrain

À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre,
j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie

Refrain

À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant,
j’avos un infant, gros comme un cochon
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi

Refrain

 

Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...

 

boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.

cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes
Œuvre de Léopold Simons (voir -----> ici)

candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier !
Voir la lettre C dans l'article -----> ici

consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files.
Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil.
Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...

gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse.
Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.

Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe)
Trinner dins ses maronnes. (avoir peur)
Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande)
N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet)
Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li !
Pour parler d'une mauvaise bière, on dit:
- Alle sint l' maronne du brasseux !
I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones.
(Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-

Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis...
néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...

quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.

On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine.
Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"

siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle

toudis : toujours, voir -----> ici

Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois :
J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos
elle dijot, i' étot
z' étottent
les "ai" finaux du français se transforment en "o".
A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

 

Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules.
Deux titres reprennent le thème :

Ratatchu bochu

et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)

Les bochus

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #boujon, #capenoules, #charlot l'bochu, #maronne, #patois, #picard, #toudis

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Publié le 1 Août 2018

Vous les attendiez, la langue pendante, les yeux exorbités, les narines frémissantes ! Les voili, les voiça, les explications du quiz picard...

G... Comme... enfin la soluce...

1 - Ch'est comme mette un cataplasse sur eun' gampe ed' bos.
C'est comme mettre un cataplasme sur une jambe de bois.

Expression bien connue signifiant faire une chose inutile ou insuffisante

A noter dans le mot "gambe", le "j" initial du mot français jambe transformé en g, comme dans gambon (jambon), gardin (jardin), garbée (gerbe), gartier (jarretière)...
Ainsi que le "b" final de jambe prononcé p comme dans arpe (arbre), glope (globe), timpe (timbre)...

 

2 - All' a des cuisses ed' guernoulle !
Elle a des cuisses de grenouille !

G... Comme... enfin la soluce...

Nul besoin d'explications... Eun' guernoulle (ou eun' garnoulle) est bien sûr une grenouille. A noter que la grenouille se nomme raine en rouchi (patois valenciennois), qui est un mot du vieux français dérivé du latin rana. Et le mot grenouille serait en fait une dérivation du mot raine. Quelle érudition  G... Comme... enfin la soluce... !

 

3 - I n' d'a jusqu'à s' gorgère !
Il en a jusqu'à son col de chemise !

G... Comme... enfin la soluce... G... Comme... enfin la soluce...

Se dit pour un goinfre quand il est repu...
On dit aussi : ch'est un galaffe (ou un goulaffe) : un gourmand.

Si le col de chemise est trop étroit, on dit : M' gorgère, all' m'étranne ! (elle m'étrangle)

 

4 - Quand te rigoles, in dirot un sac ed' gauques qui déchint du cinquième étache.
Quand tu ris, on dirait un sac de noix qui descend du cinquième étage.

G... Comme... enfin la soluce...

G... Comme... enfin la soluce...

On le voit dans cet extrait du dictionnaire rouchi-français, eun' gauque (ou eun' gaugue ou eun' gueuque) est une noix. Un gauquier est un noyer.
Eun'gauquerie, par contre, désigne un endroit où on vendait du poisson pas très frais... Donc apparemment rien à voir avec les noix...

G... Comme... enfin la soluce...

Ch'est quand on n'a pus d' dints qu'on veut minger des gauques.
Les noix symbolisent le superflu, les plaisirs de la table. Quand on est jeune, on a les possibilités physiques (dents, estomac) d'y goûter, mais pas les moyens de se les payer. Quand on est vieux, c'est l'inverse ; les dents, hélas sont parties !

 

5 - I s' couche comme chés glaines et i s' lève comme chés cos.
Il se couche comme les poules et se lève comme les coqs.

Se dit d'une personne qui se couche tôt et se lève de bonne heure.

G... Comme... enfin la soluce...

G... Comme... enfin la soluce...

Eun' glaine, c'est une poule. [du latin gallina ; en ancien français : geline, galine, gline = poule ; la gélinotte est une poule des bois, dont le mâle est le coq... des marais ; le terme poule vient de pulla, féminin de pullus = petit d'un animal ; en ancien français, poul = coq... (extrait d'un site universitaire : -----> ici)]
Un co bien sûr, c'est un coq. A ce propos, il revient à nos mémoires un article génial d'un blog non moins génial. Allez le consulter ici :-----> ici.

Pour en revenir aux glaines, les dictons en picard à leur sujet foisonnent. Quand on saura qu'eun' glaine désigne aussi une femme, il ne faudra pas s'étonner qu'ils soient pour certains quelque peu misogynes !..

G... Comme... enfin la soluce...

I vaut mieux un oeu dins s' main qu' deux dins l' cul d'eun' glaine.

Rintrez vos glaines,
j' défreume min co.

Ch'est mie l' glaine qu'all' codache l' pus qu'all' pond l' plus.

G... Comme... enfin la soluce...

Des glaines, des vaques, des femmes, ch'est chu qu'i a d' pus imbêtant au monte.

Si besoin était, voici les traductions :
- Quand la poule chante plus haut que le coq, il faut lui rabattre son caquet.
- Il vaut mieux un œuf dans sa main que deux dans le derrière d'une poule.
- Rentrez vos poules, je délivre mon coq. (Se dit aux parents des filles quand les jeunes gens sont de sortie)
- Ce n'est pas la poule qui caquette le plus, qui pond le plus.
- C'est toujours pour les poules que les coqs se disputent.
- Des poules, des vaches, des femmes, c'est ce qu'il y a de plus embêtant au monde.

 

6 - "All' jouot à l' guisse avec tous chés garçons..."
"Elle jouait à la guise avec tous les garçons..."

Début du refrain d'un succès mondial et tout en finesse du crooner Edmond Tanière que Dudu va vous remettre en mémoire au cas où, vraiment par hasard, vous seriez passé à côté sans le remarquer.

 

[Le jeu de guise: appelé "djise" ou "ch'caterlet", était autrefois l'une des distractions favorites des enfants. Il ne réclame que des moyens rudimentaires et peu coûteux, un morceau de bois rond d'une douzaine de centimètres et affûté aux extrémités ainsi que deux battes, ses règles étaient des plus simples.
Un joueur tapait sur un bout de la guise posée sur des briques pour l’élever, criait: "djise" puis la frappait de toutes ses forces. Un autre joueur, placé à dix mètres, répondait "drouète" et tentait de la rattraper au vol. S'il y parvenait, il criait "dins m'castchette", marquait le point et devenait à son tour le "frappeur". Un jeu amusant, qui faisait la terreur des passants mais la joie des vitriers !]
[Extrait d'un site sur les jeux picards -----> ici]
Voir aussi cette page très documentée sur les règles du jeu de guise -----> ici

 G... Comme... enfin la soluce... la suite...

G... Comme... enfin la soluce... la suite...

G... Comme... enfin la soluce... la suite...

G... Comme... enfin la soluce... la suite...

Pour revenir à notre chanson, il ne vous a pas échappé que celle-ci est à double sens...
Vue la forme de la guise faisant vaguement penser à une partie intime de l'anatomie masculine...
Dudu se rappelle d'ailleurs que, dans sa prime jeunesse (c'est-à-dire il y a beaucoup trop longtemps...), les enfants avaient coutume de nommer cette partie intime : une guisse...

 

7 - Et' gaïolle all' est ouverte, tin monieau i va s'involer.
Ta cage est ouverte, ton moineau va s'envoler.

G... Comme... enfin la soluce... la suite...

Allusion évidente à une braguette ouverte...

Une cage est eun' gaïolle (ou eun' gayole). A rapprocher du mot français geôle (prison) et même de l'anglais "jail".
A noter qu'une cage se dit aussi eun' cache. Mais que cacher veut dire chercher ou chasser... Par contre, cacher se dit mucher en picard. Ca va, pas trop perdu ?..
I a infreumé sin pinchon dins l' cache. (Il a enfermé son pinson dans la cage.)
I est parti à l' cache dins ch' bos. (Il est parti à la chasse dans le bois.)
I cache après perdu. (Il est embarrassé, il ne sait quel parti prendre.)
El' miux pour mucher sin cul, ch'est cor eun' maronne. (Le mieux pour cacher son derrière, c'est encore une culotte.)

G... Comme... enfin la soluce... la suite...
La Porte Gayole à Boulogne-sur-Mer

A propos de gayole, on ne peut passer à côté de cet autre chef d’œuvre, chanson traditionnelle du foklore wallon reprise par le poête et chanteur Julos Beaucarne : All' me l'avot toudis promis.
Chanson déjà évoquée dans nos pages (-----> ici) à propos d'un certain "p'tit s'rin"...
Bien entendu, il ne faut pas trop se torturer les neurones pour découvrir le double sens des paroles...

 

8 - T'es comme un sauret, et' gueule artirée i n' reste pus grand-cosse.
Tu es comme un hareng saur, ta tête retirée, il ne reste plus grand-chose.

G... Comme... enfin la soluce... la suite... et... et... la fin enfin !

Eul' gueule est un mot assez trivial pour désigner la tête (ou éventuellement la bouche).
All' est tout en gueule. (Elle parle tout le temps.)
Mets t' gueule à ch' mur, i manque eun' brique. (Mets ta tête dans le mur, il manque une brique.-pour se débarrasser d'un gêneur-)

G... Comme... enfin la soluce... la suite... et... et... la fin enfin !


Eun' vaque qui brait, all' perd eun' gueulée. (Une vache qui meugle perd une ration de nourriture. - travaille et tais-toi ! )
Ann' n'a jamais assez, all' a toudis s' gueule ouverte. (Elle n'en a jamais assez, elle a toujours la bouche ouverte. - elle parle sans arrêt, elle veut toujours avoir le dernier mot -)
Ch'est un gueulard, i a mingé tous chés resses. (C'est un gourmand, il a mangé tous les restes.)

 

Comment ?

Vous en voulez encore du picard ?..
Eh ben, allez donc faire un tour
-----> par là.
Ce n'est pas très loin, vous y serez vite.



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Publié le 14 Juillet 2018

Gageons que ce génial titre emprunté à notre non moins géniale rubrique Monsieur et Madame en picard (voir -----> ici) aiguisera la curiosité de nos lecteurs...

Pour résumer, il va s'agir cette fois de trouver des mots en picard pour compléter les phrases proposées. Ces mots commençant tous par la lettre G, d'où le titre précédemment qualifié et qui devient par ces explications encore plus génial...

Prétexte à réviser notre parler régional, à instruire et, nous l'espérons  G... comme Germain Gédépatatt, à faire sourire notre lectorat.

La solution du quizz et les explications -----> ici

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #gampe, #gauque, #glaine, #gorgère, #guise, #guisse, #patois, #picard

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Publié le 15 Février 2018

 Un p'tit quiz sur le patois du Nord-Pas-de-Calais pour relancer un peu la rubrique Picard et patois de Quiz patois lille .

Où il est question d'agache, de cache, de cage et de bien d'autres choses...
Dudu tâchera de l'enrichir jour après jour.

Mais les explications se méritent : ce n'est qu'après avoir répondu à toutes les questions que votre lanterne sera éclairée par le déchiffrage des réponses. Bonne découverte...

Attention ! Certaines et même la plupart des questions réclament des réponses multiples...

 

Quelques mots du patois lillois et du Nord-Pas-de-Calais(quelquesmotsdupatoislilloisetdunord-pas-de-cala1)

 

Et pour rester dans le ton, une chanson d'Alexandre Desrousseaux, chansonnier lillois auteur du p'tit Quinquin, l'habit d' min vieux grand-père.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #agache, #cacher, #cage, #desrousseaux, #lille, #patois, #picard, #querre, #séquoi

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Publié le 21 Juillet 2017

Été à la télé : vaches maigres et rediffusions à foison...

Eh ben, , c'est pareil, on rediffuse... Mais attention pas des séries vues et revues, mais des p'tits trésors, des pierres rares, des perles fines, des bijoux... Le meilleur du plus beau du plus génial de  .

Aujourd'hui, un peu de chauvinisme régional : le 17 avril 2014 était consacré aux sœurs Vandekaestecker, un duo reprenant des chansons de tradition du Nord en transformant les styles musicaux. En plus de l'extrait proposé lors de l'édition de l'article, Recyclage chez Dudu -4- vous ajoute la vidéo du spectacle complet filmé à l'époque par nos soins...

 

Odile et Odette Vandekaestecker proposent un récital lyrico-ch'tilisant d'une dizaine de chansons inspirées du répertoire populaire du Nord. Les polyphonies sont inventives et originales, les genres musicaux varient de la Renaissance au rock'n'roll, les chorégraphies sont habiles et drôles. Le tout crée une atmosphère à la fois authentique et décalée, tendre, bouleversante et... festive.

En fait, les sœurs Vandekaestecker ne sont pas plus sœurs que Vandekaestecker ! Elles se nomment Stéphanie Petit et Cécile Thircuir et appartiennent à la compagnie On Off.

Chez Dudu les a filmées lors de leur passage au festival Viva-Cité à Sotteville-les-Rouen. Très appréciées par le public normand pourtant peu familier de notre patois du Nord.

Voici un extrait de leur spectacle...

Comme d'hab', la recommandation d'usage :

OREILLES CHASTES S'ABSTENIR !

 

Et comme promis voici le spectacle complet...

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