Alphabet en patois lillois
Publié le 2 Décembre 2015
Inspiré par le livre de Louis Vermesse, Vocabulaire du patois lillois,
tente un alphabet recensant les particularités de chaque lettre, notamment dans la prononciation et la transcription écrite des mots.
Notons que, le livre ayant été écrit en 1853, et le patois, quoi qu'on en dise, étant une langue vivante donc évolutive, certaines affirmations semblent aujourd'hui obsolètes.
Nous ne traduirons en français que lorsque ce sera nécessaire. Nous laissons au lecteur la satisfaction intellectuelle de procéder aux traductions les plus évidentes.
Une occasion également de savourer queques délicieuses expressions picardes...Merci au blog chblog.com où nous avons pêché quelques trouvailles.
A : Même son qu'en français
B : Sonne devant toutes les voyelles. Il se supprime quelquefois, comme dans diable, obscure qui font diale, oscure etc.
C : Dans les mots français commençant par ch, le patois n'admet que le c (remplacé par qu pour fournir le son 'k'):
un cat - un quien - eun' mouque
(en picard de la Somme : un cot, un tchien, éne mouque)
eun' canchon - eun' candelle - du carbon - des cauchettes
![]() L' canchon dormoire |
A s' n'âche chés candelles alles coûtent pus quère que l' gâtiau ! |
![]() In n' peut point arsaquer de l' farine d'un sac d' carbon. |
I marche à pieds d' cauchettes |
Par contre, dans les mots français commençant par c ou s, le patois ajoute souvent un h :
chucher - eun' chavatte - un chifflot - un chuque...
![]() I a fait cha aussi facil'mint qu'i arot chuché eun' pronne. |
![]() I l'a laissé querre comme eun' vielle chavatte. |
![]() Cha li pind au cul comme un chifflot à deux sous. |
Eun' bouque à chuque |
D : suivi d'un e muet, se transforme en t. De même lorsqu'il est suivi d'un r. D'ailleurs, on ne prononce jamais le r suivi d'un e final.
de l' limonate - fais à t' mote - d' l'iau caute - eun' marchante eud' pichons
E : Vermesse dit : "Rien qu'à la prononciation de cette lettre, on reconnaît le vrai Lillois. Il prononce l'e comme aye. Ainsi, il dit : marchaye pour marché, cafaye pour café, etc."
Reconnaissons que depuis l'époque, la prononciation du patois a évolué...
F : remplace souvent le v.
un brafe garchon - eun' bett'rafe rouche - ch'est pas graf' - un bieau rêf'
G : se change en w dans plusieurs mots.
warder : garder, prendre soin - wétier : guetter, regarder - eun' wêp' : une guêpe
H : contrairement au français, la lettre h ne s'aspire presque jamais. Ainsi, on dit :
un n'héring (un hareng) - un n'hirchon (un hérisson)
I : remplace le e dans un grand nombre de mots français commençant par en ou em :
imblaver (embarrasser, mettre le désordre) - incracher (engraisser) - intasser - infler - ingamber - un indrot - impêcher...
J : se change en g dans quelques mots :
un guertier (une jarretière) - du gambon - un gardin - eun' gampe
![]() V'là que l' garchon d'honneur, Bâtisse, Passe d'zous l' tape et va duch'mint, Inl'ver l' guertier ! (Desrousseaux - le mariage de Violette) |
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![]() I n'faut pon s'laicher impourprer par les ordures dins l' gardin. (impourprer : envahir) |
Quand in n'a pon d' tiête, in a des gampes. |
j remplace aussi s dans quelques mots :
un tijon - eun' prijon -
K : Voici la page consacrée à la lettre k dans le dictionnaire de Vermesse
L :
A suivre...






I marche à pieds d' cauchettes


Eun' bouque à chuque


Quand in n'a pon d' tiête, in a des gampes.
