Un peu de moi : ma région du Nord, mes goûts musicaux un peu décalés, ma passion pour le spectacle de rue, mes voyages... Un peu de tout : des blogs intéressants, de l'humour, des images, de l'émotion peut-être, de la vie, quoi...
Dans le cadre de notre cycle de conférences : "Défense et illustration de la langue picarde et plus précisément du patois lillois", a l'immense honneur de vous (re)présenter une œuvre fondamentale de la musique populaire : Min p'tit s'rin.
Interprété par le groupe symphonique des Capenoules, cet opus vous sera ensuite analysé par l'éminent professeur Jacques Bonnaffé qui vous distillera tous les aspects philosophiques de cette poésie. Nous procéderons également à une analyse lexicale permettant au commun des mortels de déchiffrer les quelques termes locaux égarés dans ce joli texte.
Mais tout d'abord, l’œuvre...
Un bijou, n'est-il pas ? A prendre au premier degré bien entendu...
Les paroles ? Ah, oui, les paroles...
[R] : R’vète min bieau p’tit s’rin, dins tin cache i s’ra fin bénache Ouv' à min p’tit s’rin, avec ti i f’ra bon ménache Dès qu’ t’eul’ prindras dins tin lit, t’intindras Mélanie, canter min canari Dès qu’ t’eul’ prindras dins tin lit, t’intindras Mélanie, canter min canari
Min bel ojieau, i veut s'involer, Ô Mélanie j’voudros t' deminder Un p’tit logemint pour li s’amuser. Mais si te veux qu’i cante, i faut l' catouiller [R] Avec sin bec, i t’ fait des baisses. Ouv' toute grande t’ cache, v’là qui s’ met in boule I n’ va rin casser, brinle le la mabresse (transcription non garantie), laiche mette eum’ ojieau dins tin bac à moules [R] Te dis qu’ eut’ cache, elle est trop petite, et que eum' n'ojieau i est beaucoup trop gros R’vète Mélanie, dis te causes trop vite, i a déjà mis s’ tiête intre les barreaux [R] Cha y est, te vos qu’i est rintré, i est dins tin mouron in train d’ picorer R’vète eum n’ojieau si i est bien dressé, j’ cros bin Mélanie qu' i va faire cui-cui [R]
Quelques termes de vocabulaire : eun' cache : une cage fin bénache : très heureux des baisses : des bises un ojieau : un oiseau (se dit parfois ojeau ou osieau) mabresse : marquée par la variole !!! (Après moultes écoutes, c'est ce que Dudu a pu comprendre à ces paroles, mot rencontré dans le vocabulaire du patois lillois de Louis Vermesse... Mais, bon, c'est un peu hors contexte ! Si quelqu'un a une meilleure oreille, est preneur.)
Passons au moment vraiment culturel de cet article. Sur la chaîne YouTube Télé Cafougnette, Jacques Bonnaffé se livre à une analyse hautement intellectuelle de la chanson. Ne ratez pas cela, c'est un grand moment...
On vous l'avait bien dit, ça valait la peine d'écouter celà, non ?
Petit bonus : Nous avons découvert une chanson de Julos Beaucarne qui semble avoir les mêmes sources d'inspiration que les Capenoules... (Une gayole ou gaïolle est une cage)
Synthèse de nos articles consacrés au groupe culte nordiste des années 60-70
P'tit retour sur un groupe culte de notre région et un zoom sur quelques personnalités incontournables de ce groupe.
D'abord, qu'est-ce que c'est Les Capenoules ? Un p'tit coup de Wiki... sans glaçons :
Les Capenoules est un groupe du nord de la France dont la plupart des chansons sont en picard dans sa variante ch'ti. Le mot "capenoule" signifie "voyou" au sens affectueux du terme en patois picard.
Note de Dudu : Le mot capenoule, inconnu chez Guy Dubois qui manie plutôt le patois du Pas-de-Calais, se retrouve dans le Vocabulaire du patois lillois de louis Vermesse déjà évoqué dans notre blog :
Bref revenons à nos moutons...
En 1966, Jacques Defer (ou Jack Defer) fonde un groupe de musique ch'ti aux chansons paillardes et grivoises, les Capenoules sont nés. Peu après son adhésion au groupe, le photographe Francis Delbarre, change de nom et devient Raoul de Godewaesvelde. Très vite, sa forte stature (1,92 m pour 120 kg) et sa voix grave et rocailleuse en font la vedette incontestée du groupe, mais il déclarera toujours « Mi, j’sus pas canteux, j’sus photographe ! » (Moi je ne suis pas chanteur, je suis photographe). En 1967, c'est Maurice Biraud, sur Europe n°1, qui fera entendre le premier les chansons des Capenoules. Fin 1967, les Capenoules sortiront un disque 33 tours, avec le titre "les chansons de ma nourrice", pour qui connaît le patois ch'ti, chansons paillardes, grivoises. Peu de gens le savent, mais le grand succès du leader des Capenoules, Raoul, "Quand la mer monte" a été composé par Jean-Claude Darnal chanson vendue à plus de 150000 exemplaires.
Les 33 tours des Capenoules
Trois 45 tours
des Capenoules
Dudu aimerait revenir sur quelques personnages emblématiques de ce groupe et par là-même incontournables de la vie lilloise des années 60-70.
A tout seigneur, tout honneur : Raoul !
Les Capenoules n'auraient pas été les Capenoules sans Francis Delbarre. D'abord qui aurait fait les photos inoubliables des pochettes de disques ? Mais soyons sérieux, c'est surtout sa voix reconnaissable entre toutes qui a fait son succès.
Raoul nous conte l'histoire du Mongy, le tramway reliant Lille à Roubaix et Tourcoing.
La Chanson de Raoul, un précieux documentaire de FR3, où apparaissent de nombreux protagonistes des Capenoules ainsi que la famille de Raoul. A noter aussi la présence de Ronny Coutteure.
Jacques Defer
Jack Defer et son orchestre, l'un et l'autre étaient inséparables. Le musicien originaire d'Armentières est décédé en 2010. Jacques Defer, plus connu sous le prénom de Jack, est né d'une famille de musiciens mais c'est au conservatoire de Lille qu'il avait fait ses premières armes. Il était alors parti chercher fortune à Paris, où ses talents de saxophoniste lui ont valu le 1er prix du conservatoire national de Paris. C'est à l'époque qu'il entre dans la Garde républicaine de Paris. C'est de retour dans le Nord qu'il crée son orchestre qui se produira ensuite dans toute la France et en Belgique. C'est en 1965 qu'il fonde les Capenoules. Également pianiste de renom, le musicien avait dirigé pendant 14 ans l'école de musique d'Armentières. (Nord Éclair du 20/12/2010)
Robert Lefebvre
Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail. Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio, Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ». Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait : "Ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient." Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules. En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier (déjà évoqué ici). Hommage de Guy Dubois à Robert Lefebvre dans Ch'tis du monde (lien)
Un document de l'INA avec Robert Lefebvre et Pierre Célie. A 1'07, écoutez la voix caractéristique de Robert Lefebvre. Même sans le voir, on savait qu'il était là !
Biloute
Henri Leblond, surnommé Biloute, est lui aussi un des piliers... (de bistrot ?) du groupe.
Dans son café, le chanteur BILOUTE dédicace son dernier disque à son ami le peintre dunkerquois Arthur VAN EYCK. Puis il chante en chtimi sur l'air de la chanson d'Aznavour "Tu t'laisses aller".
Biloute est connu également pour avoir adapté des fables de La Fontaine et des contes de Perrault en patois.
Ch' corbeau et ch' renard
L'bieau p'tit capieau rouche
L' lief et l' tortue
Roger Frézin
Roger Frézin a étudié les arts graphiques à l'école des Beaux-Arts de Lille. En 1957, en réaction contre l’enseignement jugé trop académique et trop figé de l’école, il fonde l’Atelier de la Monnaie avec Pierre Olivier et Claude Vallois. Dans les années 1960, il participe au groupe surréaliste Phases, créé par le peintre Édouard Jaguer. Roger Frézin a également été membre du groupe nordiste les Capenoules. Il a été enseignant à l'école des Beaux Arts de Lille de 1972 à 1989. Roger Frézin était entre autres l'ami du mime Marceau avec lequel il ne manquait pas de se rencontrer à chaque fois que celui-ci se produisait à Lille. (Wiki)
Au sein des Capenoules, Roger Frézin était chargé des illustrations sur les pochettes de disques, collection d'images évidemment un peu lestes dont voici quelques échantillons...
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Roger Frézin au centre avec Marco Slinckaert à sa droite et Raoul à sa gauche
Mimi Ducherloque
Cet article de La Voix du Nord en 2009 ramènera les vieux Lillois (comme Dudu) 50 ans en arrière... Quelle époque !
Mimi reine de la nuit, ou la véritable histoire du Sherlock
Outrée par la description faite de son établissement, elle veut rétablir la vérité. Le Sherlock, son night-club du 12, rue de Pas, incendié en 1974, n'était aucunement un « claque ». Micheline Dehertogh, alias Mimi Ducherloque, ouvre la malle aux souvenirs pour ressusciter les grandes heures du Lille nocturne.
Acteur, comédien, la voix de Philippe Clay reste à jamais celle du « M'sieur Clemenceauuu » des Brigades du Tigre . Sa signature est la première du livre d'or de Micheline Dehertogh. Suivent Hugues Aufray, Claude François, Jean-Marc Thibault, Colette Renard, Annie Girardot, les Platters, Pétula Clark, Jean Richard, Bébel, Francis Blanche... ou Lionel Hampton, l'un des géants du jazz. « Celle-là, elle vaut de l'or », se rengorge doucement Mimi en tapotant le paraphe. Sur le papier racorni défile le vibrant panthéon du Sherlock, qu'elle prend à témoin. Son night-club n'était ni un « boui-boui » ni un « claque ». « Celui qui a dit ça nous veut du mal, s'indigne Mimi. Ma mère dormait à l'étage, avec mon fils et ma soeur. » L'avanie a un précédent : Aznavour. « Un type odieux, affirme Arlette, la soeur de Mimi. Il est arrivé en disant : "Elles sont où les filles ?" Mais attendez, c'est pas un bordel ! » Sur la moquette Maniglier du Sherlock se croise, dans les années 60, la crème du showbiz. « Il était bien situé, note Christian, un ami. À proximité, il y avait le théâtre (à l'opéra) et le cinéma Le Ritz, qui programmait des intermèdes musicaux entre les films, avec vedettes américaines le week-end. »
Saint des saints
À l'époque, Christian arrondit ses fins de mois en emballant des journaux la nuit. « Quand j'ai eu assez, j'ai fait faire, chez un tailleur, un costume marron avec chemise, cravate, godasses, pour entrer au Sherlock. Le premier jour, j'avais une sacrée trouille ; J'étais dans le saint des saints. » Au Sherlock, la nuit a une reine. Micheline a racheté le Méditerranée en 1957 avec son époux André. En 1961, ils le transforment et le rebaptisent. On lui donne du Mimi Ducherloque, nom sous lequel elle chante avec les Capenoules, ce groupe patoisant emmené par Raoul De Godewarsvelde. L'ancienne du cours Simon, née en 1926, en même temps que la façade du 12, a du bagout, de l'entregent et du succès. Son paradis pour noctambules, où se succèdent les orchestres (I Trovatori, I Siculi, I Quatro Derby...), constitue une étape incontournable sur la route des fêtards distingués, stars mais aussi habitués. Comme ce Fernand qui n'aimait rien tant que déclamer du La Fontaine, avec un faible pour Les Animaux malades de la peste.
S'il a oublié la peste, ce Lille d'antan n'est pas épargné par la pègre. « Un certain nombre de gens se sont aperçus qu'ici, ce n'était pas les mines », glisse Christian. « Ce sont les Niçois qui sont montés en premier, note Mimi. Mais les voyous, autrefois, avaient un code d'honneur. » Reste que le Sherlock est prié, une fois l'an, d'harmoniser ses tarifs avec ceux de ses concurrents. Une règle de bonne entente. Jusqu'aux réveillons de 1973, affirme Mimi. « On avait décidé de ne pas bastonner les gens qui nous faisaient vivre le reste de l'année. » Pas de hausse des prix, donc. Elle raconte les porte-flingues dépêchés, les menaces proférées. Un an plus tard, à deux semaines des fêtes, le 9 décembre 1974, le Sherlock explose en pleine nuit. Il inaugure une coutume lilloise qui verra, par la suite, d'autres établissements périr par le feu.
Le deuil du Sherlock
Le night-club de la rue de Pas ne se relèvera jamais. « J'étais en deuil, se souvient Mimi. Je disais "le Sherlock est mort". Et en 1976, mon mari est décédé. » Elle revend le bâtiment deux ans après. Les images et les amis, eux, la suivront au restaurant qu'elle tiendra, pendant quelques années, rue Solférino. Ils demeurent à ses côtés, aujourd'hui, et protestent quand le passé est insulté. « Lorsque les policiers m'ont interrogée, après l'incendie, ils m'ont dit que dans le milieu, j'étais classée blanc-bleu. » Au-dessus de tous soupçons, dans le jargon. La couleur la plus pure, pour les diamantaires. Blanc-bleu, aussi, les souvenirs clairs de Mimi, et ces yeux vifs encore, qui pleurèrent le soir où Fats Domino joua, à sa demande, Blueberry Hill dans son précieux Sherlock.
La façade du Sherlock, comme un symbole
Prêts pour la photo...
Une savoureux entretien avec Mimi en 2010, toujours dans la Voix du Nord :
Mimi n'aime pas les raccourcis. Gare : une femme capenoule n'est, en rien, une Capenoulette. « Les Capenoulettes, c'était Fifine, Thérèse et Ginette, et elles avaient de la chance que je les tolère », chapitre Micheline Dehertogh, faussement sévère. Mimi Ducherloque, c'est une Capenoule, point. En fait, c'est LA Capenoule. « C'était une famille, il n'y en a jamais un qui m'a draguée. Pierre Célie, un jour, a dit " Les Capenoules, c'est une histoire de mecs. " J'ai répondu "Merci ! " Et lui : "Ti, c'est pas pareil. " Ils me considéraient comme un copain. » Ça lui convenait, Mimi. Pas bégueule. « C'était sans doute plus choquant d'entendre une femme dire des choses vulgaires », reconnaît-elle, en traduisant quelques vers des P'tits poils du samedi soir : « Les poils de mon cul, je les ai revendus... » Dans son appartement de La Madeleine, elle chantonne en sirotant un vin d'orange. Comment croire qu'un demi-siècle a filé depuis qu'elle a ouvert, à Lille, le club avec lequel elle allait se confondre, le Sherlock ? Son regard n'a pas pâli depuis cette photo, prise dans un studio parisien, à l'enregistrement de Quand la mer monte. On l'y voit souffler dans un trombone, à côté de Darnal (l'auteur) et Raoul, qu'elle appelle toujours « Francis ». « Ce n'est pas Francis Delbarre qui s'est tué, c'est Raoul de Godewarsvelde », souffle-t-elle. Le suicide du colosse, en 1977, sonne le début de la fin des Capenoules.
L'aventure commence chez Mimi, rue de Pas. Au comptoir de ce Sherlock où se pressent alors les noctambules chics. André Verchuren cherche des chansons en patois. Un ami de la patronne, Robert Lefebvre, se met à écrire. Jack Defer rapplique avec son orchestre. « Ils ont enregistré le premier 45 tours au Sherlock, en une nuit, rappelle Francis Delabre, l'auteur de "Capenoules !". Il s'en est vendu plus de 10 000 exemplaires sous le manteau. » La machine est lancée. Foutraque, improvisée, joyeuse. Les Delbarre, Decubber, Lefebvre, Célie montent à Paris pour graver leurs « folques-songues en patois ». « On ne se prenait pas pour des stars. Un technicien parisien nous a dit "Il faut huit jours à Dalida, vous, en deux heures, c'est fait". On n'en a jamais fait un métier. »
Vénus sortie d'une cabine de plage
Elle a le don de la parole, Mimi. Elle lâche : « J'aurais voulu être une artiste. » Pas une Capenoule, une comédienne. « C'était mon rêve de faire du théâtre. Mon mari l'a gâché en venant me chercher à Paris quand j'étais au cours Simon. Être revenue à Lille, c'est mon éternel regret. Mais j'étais amoureuse... » Le Sherlock comblera ce manque. Il sera son théâtre. « Mon caillebotis, c'était ma scène à moi. J'en avais besoin. » Interprète de Du gris, de Dumont - « Je sens que mon âme s'en ira/Moins farouche/Dans la fumée qui sortira/De ma bouche » -, elle claironnait Baiss'ta gaine Philomène avec les Capenoules. Sur une photo célèbre, ces messieurs en tenue de baigneur n'ont d'yeux que pour Vénus sortie d'une cabine de plage. Son époux tordait le nez. Elle n'aurait arrêté pour rien au monde. Pas même pour lui. « J'étais devenue quelqu'un seule. Je représentais quelque chose. Je n'étais plus Micheline Dehertogh, je n'étais plus la femme de mon mari. J'étais Mimi Ducherloque. »
André Dekooninck
La Voix du Nord - 25/02/2015 - En attente de copie...
Michel Célie
Article de la Voix du Nord :
Natif de la Madeleine, près de Lille, Michel Célie, vers la fin de sa vie, vivait rue Lepic à Paris. Une rue dans laquelle se trouvait la maison de production des Capenoules, le label « Déesse », justement. Pour raconter sa vie, il résumait ainsi : « J’ai toujours eu de la chance ».
Adolescent, Michel Célie vit à Mouscron, où sa famille a déménagé : « Ma famille paternelle travaillait le lin, elle avait une entreprise de rouissage dans la vallée de la Lys. Il a été tiré au sort qui s’installerait à Mouscron. C’est tombé sur mon grand-père. » Quand il découvre le théâtre et l’écriture, il sait vite qu’il ne veut pas travailler dans le textile par tradition familiale.
Il crée alors sa troupe, « Les comédiens réunis ». Avec Pierre, son frère, et Robert Lefebvre (un ancien journaliste à La Voix du Nord), ils créent l’émission de télévision « Les copains du samedi » : « À l’époque, il n’y avait que trois chaînes de télévision dans le Nord - Pas-de-Calais mais une seule, la 3, le samedi soir. Les artistes se disputaient pour venir. »
Ces soirées se terminent autour d’un verre, entre amis et en chansons 100 % chti. Les Capenoules sont nés et préparent, en 1966, leur premier 33 tours. Mais ils n’ont pas de maison de disques. Pierre et Michel créent alors le label Déesse. Déesse parce que, quand il a fallu lui trouver un nom, ils partageaient un verre sur la Grand-Place de Lille. « Et ça a marché. Ce premier 33 tours s’est bien vendu. Le premier 45 de Raoul de Godewarsvelde – Tu n’es qu’un employé – a été diffusé tout de suite à la radio. » Le label Déesse a connu d’autres succès, notamment avec le « rital » Claude Barzotti, et avec la « Danse des canards ».
L’aventure des Capenoules se termine avec le décès de Raoul (Francis Delbarre), en 1977. De cette amitié, Michel Célie avait gardé l’habitude de déjeuner régulièrement avec son fils, Arnaud Delbarre, quand celui-ci était directeur de l’Olympia.
Plusieurs amitiés ont marqué sa vie, avec Jacques Brel qu’il avait connu à 19 ans, et surtout avec Bernard Dimey, l’auteur de « Mon truc en plumes ».
Marco Slinckaert
Marco Slinckaert, né en 1943, et mort le 13 décembre 2009, est illustrateur et sculpteur. Il a notamment fait partie de L'Atelier de la Monnaie fondé par l'artiste Roger Frézin.
Illustrateur pour plusieurs entreprises (Philips ou encore Valkeniers à Lomme), il a été l'un des premiers à exploiter le numérique et l'informatique dans ses œuvres. Sa recherche artistique est essentiellement axée autour de « l'incapacité d'accéder et de mettre au réel l'infinitude. Infinitude du temps, infinitude de l'espace, infinitude des nombres. »
Son œuvre la plus emblématique est la sculpture intitulée Fontaine de la Solidarité, représentant un ruban de Möbius qui orne le centre de la place de la Solidarité dans le quartier de Wazemmes à Lille. Inaugurée en 1989 par le président François Mitterrand, cette sculpture de 12 m de long par 7 m de haut est composée de 3000 éléments d'acier inoxydable pour un total de 10 tonnes. L'œuvre a été conçue par ordinateur par l'artiste, puis fabriquée par Inoxi France. Cette œuvre est souvent surnommée « Le Serpent » par les riverains, et la place sur laquelle elle se trouve, le « rond-point du Serpent », qui est devenu un repère géographique important à Lille.Marco Slinckaert était soliste et compositeur au sein des Capenoules. (Wiki)
Jacques Bonnaffé chante Min p'tit s'rin, chanson composée par Marco pour les Capenoules
Pour clore cet ensemble d'articles, essayons de classer les titres des Capenoules et terminons par les très attendues chansons (vraiment, vraiment...) paillardes.
Il convient donc d'avertir les visiteurs que la fin de cet article n'est pas destinée aux oreilles prudes ou sensibles.
Mais y'a pas... Dudu est obligé d'y passer s'il veut être exhaustif sur le sujet...
Donc , on vous disait : classification des chansons. Il est évident que certaines peuvent être classées dans plusieurs catégories. Et puis tout cela ne doit pas être pris trop au sérieux !
1 - Chansons régionales, voire locales, où sont cités des lieux ou des personnages typiquement nordistes ou lillois : Les gars du Nord Quind les inglaisses Ch'est mi D'siré Charlot l' bochu L' curé d' Saint-Louis ...
2 - Chansons festives ou/et chansons à boire : La zizique à papa Dins l' pouli à glaines Pitche et Mitche Dinse min fieux, dinse Ch' qu'in veut nous zaut' V'là l' diminche arrivé Ch'est un bon d'mi Lève tin verre ...
3 - Chansons consacrées aux femmes (!!!!) Eul' file d' Sainghin Eul' grante berlousse Rosalie Babache Eul' grosse Adrienne Elle s'appelle Françoise Eul' petite boteuse Ah la pourrisse Eun' file d' Saint Sauveur Eul' planque à pain
C'est-y pas poétique, tout ça ? Attention, maintenant, on rentre "dans le dur"...
4 - Chansons consacrées à l'appareil génital masculin, mais tout en douceur et à double sens. Les visiteurs assidus de se douteront que c'est notre catégorie préférée... Min p'tit s'rin Min poreau Min p'tit frère Min p'tit arrosoir ... Notez qu'il est souvent p'tit...
5 - Chansons un peu "caca prout". Là aussi, , on ne déteste pas... T'iros ti ? Eul' négresse Tout ch' ti qui pisse Jean Lariguette ...
Allez, on monte encore d'un cran...
6 - Chansons lestes, grivoises ou carrément paillardes Polka comme cha Les bogettes Baisse ta gaine, Philomène L'curé de chez nous Tant pis pour elle, tant pis pour nous L' société des grosses biroutes Les Capenoules vous saluent bien Sur la route de Sainghin In r'venant de l' kermesse ...
Enfin dernière catégorie, Dudu ne pensait pas en arriver là, mais le hasard d'un balade sur Youtube a bien fait les choses...
Poursuite de notre plongée chez les Capenoules avec trois membres éminents...
Jacques Defer
Jack Defer et son orchestre, l'un et l'autre étaient inséparables. Le musicien originaire d'Armentières est décédé en 2010. Jacques Defer, plus connu sous le prénom de Jack, est né d'une famille de musiciens mais c'est au conservatoire de Lille qu'il avait fait ses premières armes. Il était alors parti chercher fortune à Paris, où ses talents de saxophoniste lui ont valu le 1er prix du conservatoire national de Paris. C'est à l'époque qu'il entre dans la Garde républicaine de Paris. C'est de retour dans le Nord qu'il crée son orchestre qui se produira ensuite dans toute la France et en Belgique. C'est en 1965 qu'il fonde les Capenoules. Également pianiste de renom, le musicien avait dirigé pendant 14 ans l'école de musique d'Armentières. (Nord Éclair du 20/12/2010)
Robert Lefebvre
Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail. Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio, Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ». Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait : "Ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient." Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules. En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier (déjà évoqué ici). Hommage de Guy Dubois à Robert Lefebvre dans Ch'tis du monde (lien)
Un document de l'INA avec Robert Lefebvre et Pierre Célie. A 1'07, écoutez la voix caractéristique de Robert Lefebvre. Même sans le voir, on savait qu'il était là !
Biloute
Henri Leblond, surnommé Biloute, est lui aussi un des piliers... (de bistrot ?) du groupe.
Dans son café, le chanteur BILOUTE dédicace son dernier disque à son ami le peintre dunkerquois Arthur VAN EYCK. Puis il chante en chtimi sur l'air de la chanson d'Aznavour "Tu t'laisses aller".
Biloute est connu également pour avoir adapté des fables de La Fontaine en patois.
Ch' corbeau et ch' renard
Cheu'll cigale et cheu'll fourmi
L' lief et l' tortue
A suivre prochainement : Roger Frézin, Mimi Ducherloque, Michel Célie, Marco Slinckaert et... de la chanson paillarde "fauq' pou les grands" ! Ah, ah ! Cha vous fait invie, hein ?
Comme son nom l'indique, cette page renvoie aux articles consacrés au...
Picard et patois du Nord et du Pas-de-Calais
(seul intitulé que Dudu a trouvé pour ce qu'on nomme habituellement "C...'.i", désignation réductrice et quelque peu péjorative qu'il n'aime pas et préfère ne pas utiliser...)
Cliquez sur les titres pour accéder à l'article correspondant. Liste pour l'instant non exhaustive...
Détournement de la chanson Toujours debout de Renaud, un admirateur du Nord vient de sortir : Toudis debout...
Occasion pour d'attraper la balle au bond et de s'attarder sur cet adverbe : toudis.
De l'ancien français, toudis signifiait tous les jours, toujours. Issu de dies (jour), on retrouve cette racine "di" dans le nom des jours de la semaine ou dans le mot midi.
Mais trève de références érudites, retrouvons le mot dans quelques expressions "Hauts-de-Françaises" imagées...
Eul lanque d'eune fème, eul queue d'un kien, cha berloque toudis.
[Expression quelque peu misogyne : La langue d'une femme, la queue d'un chien, ça remue tout le temps...]
Ch'est vrai qu' tout rabattu, trinte-six fesses cha f'ra toudis dix-huit culs.
[C'est vrai que tout compte fait, trente-six fesses ça fera toujours dix-huit culs.] Expression ancienne en Beauce : Adjugé, vendu, trente six fesses font dix-huit culs. Se dit pour conclure une affaire.
T'es comme mes pronnes, t'es toudis dins mes gampes.
Expression tendre et raffinée à propos d'un gêneur : Tu es comme mes testicules, toujours dans (ou entre) mes jambes...
I est toudis aheuré, pour mi i a eune horloche dins sin vinte.
Il est toujours à l'heure ; d'après moi, il a une horloge dans le ventre.
Un neu ramon, i ramone toudis bin.
Un nouveau balai, ça balaie toujours mieux. Tout nouveau, tout beau...
Quand in est mort, ch'est pour toudis.
In a biau mucher l'queue d'in baudet,
in l'arconnot toudis à ses orelles !
On a beau cacher la queue d'un âne, on le reconnaît toujours à ses oreilles ! Chassez le naturel, il revient au galop.
Du bon marqué ch'est toudis querre.
Du bon marché, c'est toujours trop cher. Les choses bon marché ne font pas un long usage et doivent être remplacées plus souvent.
Ch'est toudis ch'plus laid baudet qui passe s'tiête pa-d'sur d'l'hayure.
C'est toujours l'âne le plus moche qui passe sa tête au-dessus de la haie. Ce sont toujours les gens les plus bêtes qui ont besoin de se faire remarquer.
Faut toudis s'fier à s'première idée surtout si in n'a qu'eune.
Il faut toujours se fier à sa première idée, surtout si on n'en a qu'une.
Biloutes de curé, aussi appelées biloutes de soldat... selon les régions.
Non, pas de vidéo hard sur cette page, une simple recette de cuisine pour un dessert bien de puisque à la sauce picarde et ce, en patois bien sûr, présenté par Bertrand Cocq (déjà vu -----> ici) dans la série "In va s' pourléquer sec" avec Léon et Gérard...
Ingrédients : 1kg de farine 300g de beurre 250g de cassonade 1 sachet de sucre vanillé 5 à 6 œufs 1 pincée de sel
Préparation : Faire fondre le beurre avec la cassonade. Mettre dans un saladier la farine,le sucre vanillé, les œufs, la pincée de sel, un peu de rhum (facultatif). Mélanger avec les mains, puis ajouter le beurre et la cassonade fondus . Former une belle boule de pâte; Sur un plateau faire des petits cylindres de 2 cm de diamètre et de 5 cm de longueur ; les rouler dans la farine. Chauffer 1 litre d'huile dans une cocotte puis cuire les biloutes de curé par 10 ; la cuisson est prête une fois le gâteau bien doré. Les égoutter sur un papier absorbant ; mettre dans un saladier puis saupoudrer un peu de sucre glace comme pour un beignet.
Et un p'tit bonus, toujours avec Léon et Gérard, qui vous expliquent l'expression picarde :
Inspiré par le livre de Louis Vermesse,Vocabulaire du patois lillois, tente un alphabet recensant les particularités de chaque lettre, notamment dans la prononciation et la transcription écrite des mots. Notons que, le livre ayant été écrit en 1853, et le patois, quoi qu'on en dise, étant une langue vivante donc évolutive, certaines affirmations semblent aujourd'hui obsolètes.
Nous ne traduirons en français que lorsque ce sera nécessaire. Nous laissons au lecteur la satisfaction intellectuelle de procéder aux traductions les plus évidentes. Une occasion également de savourer queques délicieuses expressions picardes...Merci au blog chblog.com où nous avons pêché quelques trouvailles.
A : Même son qu'en français
B : Sonne devant toutes les voyelles. Il se supprime quelquefois, comme dans diable, obscure qui font diale, oscure etc.
C : Dans les mots français commençant par ch, le patois n'admet que le c (remplacé par qu pour fournir le son 'k'):
un cat - un quien - eun' mouque (en picard de la Somme : un cot, un tchien, éne mouque)
eun' canchon - eun' candelle - du carbon - des cauchettes
L' canchon dormoire
A s' n'âche chés candelles alles coûtent pus quère que l' gâtiau !
In n' peut point arsaquer de l' farine d'un sac d' carbon.
I marche à pieds d' cauchettes
Par contre, dans les mots français commençant par c ou s, le patois ajoute souvent un h :
chucher - eun' chavatte - un chifflot - un chuque...
I a fait cha aussi facil'mint qu'i arot chuché eun' pronne.
I l'a laissé querre comme eun' vielle chavatte.
Cha li pind au cul comme un chifflot à deux sous.
Eun' bouque à chuque
D : suivi d'un e muet, se transforme en t. De même lorsqu'il est suivi d'un r. D'ailleurs, on ne prononce jamais le r suivi d'un e final.
de l' limonate - fais à t' mote - d' l'iau caute - eun' marchante eud' pichons
E : Vermesse dit : "Rien qu'à la prononciation de cette lettre, on reconnaît le vrai Lillois. Il prononce l'e comme aye. Ainsi, il dit : marchaye pour marché, cafaye pour café, etc." Reconnaissons que depuis l'époque, la prononciation du patois a évolué...
F : remplace souvent le v.
un brafe garchon - eun' bett'rafe rouche - ch'est pas graf' - un bieau rêf'
Icône de la vie lilloise des années cinquante, le marchand de charbon au visage barbouillé de poussières noires, coiffé de sacs de jute,a inspiré Léopold Simons (voir l'article de qui lui était consacré -----> ici).
Voici deux sketches qui illustrent avec humour la vie du livreur de "carbon"...
Un p'tit lexique pour aider les non-patoisants : un métier d' quien : un métier de chien que j' soche : que je sois piqueter : boire, picoler poufringue : poussière buer : faire la lessive (--> buanderie) eun séquoi : quelque chose un cotch : une remise, un débarras, une cabane (du néerlandais kot) et du ? : où ?
Et le deuxième sketch qui pourrait s'intituler : La revanche du marchand de charbon...
Ce jour, vous entretient d'une tradition bien nordiste : la ducasse.
En apéritif, on vous sert comme souvent un p'tit verre de Wiki :
La ducasse est une fête populaire annuelle de villages et petites villes, en Belgique et dans le nord de la France, organisée généralement le jour de la fête du saint patron de l'entité. Les régions davantage influencées par la langue flamande parlent de « Kermesse ». Le mot Ducasse a son origine dans Dédicace, qui est la consécration religieuse d'une église, d'un oratoire. Par métonymie elle est devenue la fête annuelle commémorant cette consécration. Le mot est attesté dès 1391 comme une forme dialectale de l'ancien français ducasse, dicaze (XIIe siècle). Il est emprunté au latin dedicatio qui signifie : consécration d'un temple, d'un théâtre, puis consécration d'une église. Kermesse apparait sensiblement à la même époque (1397), emprunté au flamand « kerkmisse » (messe d'église) et désigne une fête patronale flamande, une fête de village.
La dédicace se commémore annuellement par une fête dont la procession, en matinée, est l'élément principal. Il s'agit de faire le « Grand tour » de la paroisse selon un itinéraire immuable, partant de l'église paroissiale et y revenant, ayant visité et les divers oratoires et chapelles publiques se trouvant le long du parcours. On y accompagne les reliques ou la statue du saint patron qui visite ainsi son 'territoire' et protège ses habitants. Les dévotions terminées et le banquet achevé commence l'heure des jeux et réjouissances populaires : attractions foraines, concert, concours et compétitions, jeu de balle, tir à l'arc... Le tout est souvent clôturé par un grand bal, jusque tard dans la soirée, où on chante, on danse et on boit.
Au fil des temps certaines processions ont pris un caractère très élaboré et sont devenues des attractions touristiques. Elles sont en fait devenues de simples cortèges folkloriques ou historiques ayant perdu tout caractère religieux. En Belgique, les ducasses les plus célèbres sont la Ducasse de Mons le dimanche de la Trinité, la Ducasse d'Ath le quatrième dimanche d'août et la Simpélourd de Soignies le samedi le plus proche du 17 octobre.
Ecoutons l'explication de Guy Dubois.
Dudu se souvient du temps lointain de sa jeunesse où la ducasse de Saint-Amand était une véritable institution et où sa mère se faisait un devoir à cette occasion de confectionner sa fameuse tarte au chuc' qui se partageait avec la famille et les voisins.
Pour illustrer la ducasse, quoi de mieux que ce dessin de Roland Cuvelier (voir -----> ici) représentant celle d'Hellemmes, banlieue (au même titre que Fives et selon la formule dorénavant consacrée !) brillante et riante de Lille.
Et pour rester dans le domaine du patois, quelques dictons en picard à propos de la ducasse :
Ch'ti qui va à l' ducasse, i perd euss' plache.
Et' quémiche all' passe, ch'est bêtôt l' ducasse.
El' lind'main d' ducasse in ronge ches oches.
I n' peut point avoir ed' raccroc avant l' ducasse.
Eun' ducasse sans tarte, ch'est eun' fiête d'sous l' pleuve.
Au soir d' ducasse, i arrife souvint des arléqueux d' païelle.
I n'est point à l'ducasse d'su ches quevaux d' bos.
A moins d'une forte demande, il n'y aura pas de traduction ni d'explication de ces dictons. Faut bien faire un peu travailler vos neurones... Néanmoins quelques compléments ci-dessous pourront vous aider.
un arléqueux : du verbe arléquer, relécher. on pourrait traduire un relécheur bêtôt : bientôt l' bos : le bois eun' fiête : un fête un oche : un os eun' païelle : une poêle l' pleuve : la pluie des quevaux : des chevaux eun' quémiche : une chemise le raccroc : Le lendemain ou le dimanche suivant la ducasse, on continue de faire la fête, cela se nomme le raccroc.
Mais trêve de plaisanteries, passons aux choses sérieuses et aux démonstrations scientifiques : Comme vous le savez, les mouches peuvent se déplacer sur n’importe quelle surface et dans n’importe quelle position sans tomber. Leurs pattes se terminent par un tarse de cinq articles dont le dernier est terminé par de minuscules griffes. Chaque griffe est constituée d’une sorte de raquette hérissée de poils raides. Les poils peuvent s’élargir pour former un disque minuscule qui est lubrifié par une substance adhésive. Elle dépose alors sa chiure en la faisant adhérer au plafond. La digestion s’accompagne souvent de flatulence. Les mouches ne font pas exception à la règle. Elles pètent comme tous les autres animaux. Une étude très sérieuse a d’ailleurs été menée dans les années 1980 sur les pets chez les diptères.
Les lecteurs sérieux de ce blog désirant approfondir le sujet d'étude du jour d'un point de vue scientifique peuvent se rendre sur le site Guichet Du Savoir [cliquer sur les mots en rouge] où ils apprendront un tas de choses intéressantes sur les pipis, cacas et pets de mouche...
Et comme tout finit par des chansons, nous clorons (oui, oui, futur du verbe clore) cet article avec Jo Butagaz et ses Brûleurs :