Un peu de moi : ma région du Nord, mes goûts musicaux un peu décalés, ma passion pour le spectacle de rue, mes voyages... Un peu de tout : des blogs intéressants, de l'humour, des images, de l'émotion peut-être, de la vie, quoi...
En ces moments de confinement, Dudu fait une pause, le temps de jeter un regard rétrospectif sur la préhistoire de . 6 ans d'existence, pour passer de la naissance à l'âge de raison (???). Ainsi, nous allons exhumer quelques articles qui vous tireront des larmes, un sourire ou quelque rictus agacé. Ce sera aussi l'occasion pour nos lecteurs de découvrir des recoins inconnus de qui auraient, par le plus grand des hasards (!!!), pu leur échapper. L'occasion aussi pour Dudu d'ajouter quelques commentaires, d'améliorer la présentation, de corriger des erreurs, si besoin était, dans les articles présentés.
Nous commencerons donc par l'année 2014 date de naissance de notre blog, et ceci jusqu'à la fin du confinement en espérant que celui-ci ne sera pas trop long et que nous n'allons pas devoir rééditer des articles datant de 2020...
23 mars 2014
Les fans de sont depuis longtemps au courant, Dudu apprécie depuis toujours le picard. (Mais non, pas les surgelés. Cette blague est un peu usée...) Disons la langue picarde, et entre autres, le patois lillois. Au point qu'une rubrique du Blog lui est entièrement consacrée, voir -----> ici. Cet article du 23 mars 2014 était le premier d'une longue série.
Celui qui mange lentement, travaille lentement.
Mieux vaut un oiseau dans sa main que deux dans la haie.
Un cochon qui fait à sa façon, c'est la moitié de sa nourriture.
Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de ...
Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de se doit de connaître !
Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :
Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...
Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.
Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...
Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :
Refrain :
Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu, dins ches cafés.-concerts, In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres
À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école, j’allos à l’école du père Anatole Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni
Refrain
À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion, j’ faisos m’communion à l’église St Jean Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle
Refrain
À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse, j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels
Refrain
À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine, j’allos à l’usine du vieux père Achille Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil
Refrain
À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel, j’ai passé l’ consel pour la révision Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis
Refrain
À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine, j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji
Refrain
À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre, j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie
Refrain
À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant, j’avos un infant, gros comme un cochon Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi
Refrain
Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...
boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.
cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.
candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier ! Voir la lettre C dans l'article -----> ici
consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files. Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.
filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil. Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...
gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse. Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.
Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.
maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.
Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe) Trinner dins ses maronnes. (avoir peur) Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande) N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet) Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li ! Pour parler d'une mauvaise bière, on dit: - Alle sint l' maronne du brasseux ! I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones. (Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-
Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis... néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...
quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.
On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine. Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"
siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle
Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois : J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos elle dijot, i' étot z' étottent les "ai" finaux du français se transforment en "o". A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.
Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules. Deux titres reprennent le thème :
Ratatchu bochu
et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)
Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de ...
Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de se doit de connaître !
Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :
Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...
Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.
Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...
Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :
Refrain :
Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu, dins ches cafés.-concerts, In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres
À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école, j’allos à l’école du père Anatole Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni
Refrain
À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion, j’ faisos m’communion à l’église St Jean Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle
Refrain
À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse, j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels
Refrain
À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine, j’allos à l’usine du vieux père Achille Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil
Refrain
À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel, j’ai passé l’ consel pour la révision Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis
Refrain
À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine, j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji
Refrain
À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre, j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie
Refrain
À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant, j’avos un infant, gros comme un cochon Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi
Refrain
Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...
boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.
cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.
candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier ! Voir la lettre C dans l'article -----> ici
consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files. Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.
filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil. Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...
gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse. Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.
Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.
maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.
Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe) Trinner dins ses maronnes. (avoir peur) Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande) N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet) Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li ! Pour parler d'une mauvaise bière, on dit: - Alle sint l' maronne du brasseux ! I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones. (Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-
Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis... néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...
quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.
On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine. Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"
siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle
Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois : J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos elle dijot, i' étot z' étottent les "ai" finaux du français se transforment en "o". A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.
Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules. Deux titres reprennent le thème :
Ratatchu bochu
et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)
Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de ...
Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de se doit de connaître !
Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :
Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...
Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.
Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...
Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :
Refrain :
Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu, dins ches cafés.-concerts, In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres
À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école, j’allos à l’école du père Anatole Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni
Refrain
À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion, j’ faisos m’communion à l’église St Jean Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle
Refrain
À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse, j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels
Refrain
À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine, j’allos à l’usine du vieux père Achille Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil
Refrain
À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel, j’ai passé l’ consel pour la révision Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis
Refrain
À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine, j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji
Refrain
À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre, j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie
Refrain
À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant, j’avos un infant, gros comme un cochon Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis, eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi
Refrain
Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...
boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.
cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.
candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier ! Voir la lettre C dans l'article -----> ici
consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files. Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.
filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil. Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...
gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse. Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.
Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.
maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.
Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe) Trinner dins ses maronnes. (avoir peur) Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande) N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet) Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li ! Pour parler d'une mauvaise bière, on dit: - Alle sint l' maronne du brasseux ! I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones. (Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-
Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis... néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...
quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.
On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine. Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"
siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle
Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois : J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos elle dijot, i' étot z' étottent les "ai" finaux du français se transforment en "o". A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.
Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules. Deux titres reprennent le thème :
Ratatchu bochu
et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)
Vous les attendiez, la langue pendante, les yeux exorbités, les narines frémissantes ! Les voili, les voiça, les explications du quiz picard...
1 - Ch'est comme mette un cataplasse sur eun' gampe ed' bos. C'est comme mettre un cataplasme sur une jambe de bois.
Expression bien connue signifiant faire une chose inutile ou insuffisante
A noter dans le mot "gambe", le "j" initial du mot français jambe transformé en g, comme dans gambon (jambon), gardin (jardin), garbée (gerbe), gartier (jarretière)... Ainsi que le "b" final de jambe prononcé p comme dans arpe (arbre), glope (globe), timpe (timbre)...
2 - All' a des cuisses ed' guernoulle ! Elle a des cuisses de grenouille !
Nul besoin d'explications... Eun' guernoulle (ou eun' garnoulle) est bien sûr une grenouille. A noter que la grenouille se nomme raine en rouchi (patois valenciennois), qui est un mot du vieux français dérivé du latin rana. Et le mot grenouille serait en fait une dérivation du mot raine. Quelle érudition !
3 - I n' d'a jusqu'à s' gorgère ! Il en a jusqu'à son col de chemise !
Se dit pour un goinfre quand il est repu... On dit aussi : ch'est un galaffe (ou un goulaffe) : un gourmand.
Si le col de chemise est trop étroit, on dit : M' gorgère, all' m'étranne ! (elle m'étrangle)
4 - Quand te rigoles, in dirot un sac ed' gauques qui déchint du cinquième étache. Quand tu ris, on dirait un sac de noix qui descend du cinquième étage.
On le voit dans cet extrait du dictionnaire rouchi-français, eun' gauque (ou eun' gaugue ou eun' gueuque) est une noix. Un gauquier est un noyer. Eun'gauquerie, par contre, désigne un endroit où on vendait du poisson pas très frais... Donc apparemment rien à voir avec les noix...
Ch'est quand on n'a pus d' dints qu'on veut minger des gauques. Les noix symbolisent le superflu, les plaisirs de la table. Quand on est jeune, on a les possibilités physiques (dents, estomac) d'y goûter, mais pas les moyens de se les payer. Quand on est vieux, c'est l'inverse ; les dents, hélas sont parties !
5 - I s' couche comme chés glaines et i s' lève comme chés cos. Il se couche comme les poules et se lève comme les coqs.
Se dit d'une personne qui se couche tôt et se lève de bonne heure.
Eun' glaine, c'est une poule. [du latin gallina ; en ancien français : geline, galine, gline = poule ; la gélinotte est une poule des bois, dont le mâle est le coq... des marais ; le terme poule vient de pulla, féminin de pullus = petit d'un animal ; en ancien français, poul = coq... (extrait d'un site universitaire : ----->ici)] Un co bien sûr, c'est un coq. A ce propos, il revient à nos mémoires un article génial d'un blog non moins génial. Allez le consulter ici :-----> ici.
Pour en revenir aux glaines, les dictons en picard à leur sujet foisonnent. Quand on saura qu'eun' glaine désigne aussi une femme, il ne faudra pas s'étonner qu'ils soient pour certains quelque peu misogynes !..
I vaut mieux un oeu dins s' main qu' deux dins l' cul d'eun' glaine.
Rintrez vos glaines, j' défreume min co.
Ch'est mie l' glaine qu'all' codache l' pus qu'all' pond l' plus.
Des glaines, des vaques, des femmes, ch'est chu qu'i a d' pus imbêtant au monte.
Si besoin était, voici les traductions : - Quand la poule chante plus haut que le coq, il faut lui rabattre son caquet. - Il vaut mieux un œuf dans sa main que deux dans le derrière d'une poule. - Rentrez vos poules, je délivre mon coq. (Se dit aux parents des filles quand les jeunes gens sont de sortie) - Ce n'est pas la poule qui caquette le plus, qui pond le plus. - C'est toujours pour les poules que les coqs se disputent. - Des poules, des vaches, des femmes, c'est ce qu'il y a de plus embêtant au monde.
6 - "All' jouot à l' guisse avec tous chés garçons..." "Elle jouait à la guise avec tous les garçons..."
Début du refrain d'un succès mondial et tout en finesse du crooner Edmond Tanière que Dudu va vous remettre en mémoire au cas où, vraiment par hasard, vous seriez passé à côté sans le remarquer.
[Le jeu de guise: appelé "djise" ou "ch'caterlet", était autrefois l'une des distractions favorites des enfants. Il ne réclame que des moyens rudimentaires et peu coûteux, un morceau de bois rond d'une douzaine de centimètres et affûté aux extrémités ainsi que deux battes, ses règles étaient des plus simples. Un joueur tapait sur un bout de la guise posée sur des briques pour l’élever, criait: "djise" puis la frappait de toutes ses forces. Un autre joueur, placé à dix mètres, répondait "drouète" et tentait de la rattraper au vol. S'il y parvenait, il criait "dins m'castchette", marquait le point et devenait à son tour le "frappeur". Un jeu amusant, qui faisait la terreur des passants mais la joie des vitriers !] [Extrait d'un site sur les jeux picards -----> ici] Voir aussi cette page très documentée sur les règles du jeu de guise -----> ici
Pour revenir à notre chanson, il ne vous a pas échappé que celle-ci est à double sens... Vue la forme de la guise faisant vaguement penser à une partie intime de l'anatomie masculine... Dudu se rappelle d'ailleurs que, dans sa prime jeunesse (c'est-à-dire il y a beaucoup trop longtemps...), les enfants avaient coutume de nommer cette partie intime : une guisse...
7 - Et' gaïolle all' est ouverte, tin monieau i va s'involer. Ta cage est ouverte, ton moineau va s'envoler.
Allusion évidente à une braguette ouverte...
Une cage est eun' gaïolle (ou eun' gayole). A rapprocher du mot français geôle (prison) et même de l'anglais "jail". A noter qu'une cage se dit aussi eun' cache. Mais que cacher veut dire chercher ou chasser... Par contre, cacher se dit mucher en picard. Ca va, pas trop perdu ?.. I a infreumé sin pinchon dins l' cache. (Il a enfermé son pinson dans la cage.) I est parti à l' cache dins ch' bos. (Il est parti à la chasse dans le bois.) I cache après perdu. (Il est embarrassé, il ne sait quel parti prendre.) El' miux pour mucher sin cul, ch'est cor eun' maronne. (Le mieux pour cacher son derrière, c'est encore une culotte.)
A propos de gayole, on ne peut passer à côté de cet autre chef d’œuvre, chanson traditionnelle du foklore wallon reprise par le poête et chanteur Julos Beaucarne : All' me l'avot toudis promis. Chanson déjà évoquée dans nos pages (-----> ici) à propos d'un certain "p'tit s'rin"... Bien entendu, il ne faut pas trop se torturer les neurones pour découvrir le double sens des paroles...
8 - T'es comme un sauret, et' gueule artirée i n' reste pus grand-cosse. Tu es comme un hareng saur, ta tête retirée, il ne reste plus grand-chose.
Eul' gueule est un mot assez trivial pour désigner la tête (ou éventuellement la bouche). All' est tout en gueule. (Elle parle tout le temps.) Mets t' gueule à ch' mur, i manque eun' brique. (Mets ta tête dans le mur, il manque une brique.-pour se débarrasser d'un gêneur-)
Eun' vaque qui brait, all' perd eun' gueulée. (Une vache qui meugle perd une ration de nourriture. - travaille et tais-toi ! ) Ann' n'a jamais assez, all' a toudis s' gueule ouverte. (Elle n'en a jamais assez, elle a toujours la bouche ouverte. - elle parle sans arrêt, elle veut toujours avoir le dernier mot -) Ch'est un gueulard, i a mingé tous chés resses. (C'est un gourmand, il a mangé tous les restes.)
Comment ?
Vous en voulez encore du picard ?.. Eh ben, allez donc faire un tour ----->par là. Ce n'est pas très loin, vous y serez vite.
Gageons que ce génial titre emprunté à notre non moins géniale rubrique Monsieur et Madame en picard (voir -----> ici) aiguisera la curiosité de nos lecteurs...
Pour résumer, il va s'agir cette fois de trouver des mots en picard pour compléter les phrases proposées. Ces mots commençant tous par la lettre G, d'où le titre précédemment qualifié et qui devient par ces explications encore plus génial...
Prétexte à réviser notre parler régional, à instruire et, nous l'espérons , à faire sourire notre lectorat.
La solution du quizz et les explications -----> ici
Un p'tit quiz sur le patois du Nord-Pas-de-Calais pour relancer un peu la rubrique Picard et patois de .
Où il est question d'agache, de cache, de cage et de bien d'autres choses... Dudu tâchera de l'enrichir jour après jour.
Mais les explications se méritent : ce n'est qu'après avoir répondu à toutes les questions que votre lanterne sera éclairée par le déchiffrage des réponses. Bonne découverte...
Attention ! Certaines et même la plupart des questions réclament des réponses multiples...
Quelques mots du patois lillois et du Nord-Pas-de-Calais(quelquesmotsdupatoislilloisetdunord-pas-de-cala1)
Et pour rester dans le ton, une chanson d'Alexandre Desrousseaux, chansonnier lillois auteur du p'tit Quinquin, l'habit d' min vieux grand-père.
Été à la télé : vaches maigres et rediffusions à foison...
Eh ben, , c'est pareil, on rediffuse... Mais attention pas des séries vues et revues, mais des p'tits trésors, des pierres rares, des perles fines, des bijoux... Le meilleur du plus beau du plus génial de .
Le picard à l'honneur cette fois... vous propose deux mots picards qui possèdent la particularité d'avoir de nombreux homonymes. A vous de les découvrir dans ces p'tits divertissements.
Le même mot doit compléter les phrases suivantes:
1 - L' bon marqué, ch'est toudis ...... .
2 - Zulma, ch'est un sacré dragon, j'ai pu ...... vir ses talons qu' ses bouts d' pieds.
3 - Ferm' eut' bouque, tin nez i va ...... d'dins !
4 - Y in a qui s'in vont ...... de l' laine et qui arviennent-te tondus.
Réponse et explications sous la bande blanche comme d'hab. Rappel : se munir d'une éponge grattante et bien frotter l'écran à l'endroit de la bande blanche... Euh, non...
Le mot manquant est le mot querre... 1 - querre = cher ou chère, simple déformation du ch en qu, eun' vaque, eut' bouque, un quien, un cat, l' marqué... 2 - avoir querre = aimer, de l'espagnol te quiero. N'oublions pas que les pays du Nord étaient espagnols jusqu'en 1713. Il en reste des traces dans notre patois.
3 - querre = tomber. Apparemment déformation du verbe choir. Particularité de ce verbe : son participe passé est mutiple selon les régions : queu, qué ou quéhu. Ex : I a quéhu su sin cul.
4 - querre = chercher. du latin quaerere qui veut dire chercher. D'où le verbe quérir. S'emploie uniquement à l'infinitif précédé de aller. Il existe aussi arquerre, rechercher. Ex : J' dos aller arquerre mes jonnes à l'école.
Et pour clore cet article le refrain d'eun canchon d'amour de Guy Dubois qui utilise les quatre sens du mot :
Si té savos comm’ ej’ t’ai ......, Ti, je n’ te laich’rai jamais ......, J’ m’in irai ...... chu qu’y a d’ pus ......, Pour t’ faire vir commint que j’ t’ai ...... .
Eun' devinette : In li a copé à Louis XVI, sin ..... Si té mets t' main sus ch'fu, ch'est ..... I commande à ches glaines, ch'est ch' ..... Té peux in donner un avec et'main ou tin pied, un .....
Cha s'prononce parel, mais cha s'écrit pas parel !
Réponse : sin co (son cou), ch'est caud (c'est chaud), ch'co (le coq), un cop (un coup)
Prolongation :
Rimplache ches tros par ches mots du d'sus :
Incore un ..... , ch'viux ..... i a eu ..... , l'cinsier i voulot li coper sin .....
D'après G. Dubois dans "Commint qu'i dijot pépère ?"
Dans le cadre de notre cycle de conférences : "Défense et illustration de la langue picarde et plus précisément du patois lillois", a l'immense honneur de vous (re)présenter une œuvre fondamentale de la musique populaire : Min p'tit s'rin.
Interprété par le groupe symphonique des Capenoules, cet opus vous sera ensuite analysé par l'éminent professeur Jacques Bonnaffé qui vous distillera tous les aspects philosophiques de cette poésie. Nous procéderons également à une analyse lexicale permettant au commun des mortels de déchiffrer les quelques termes locaux égarés dans ce joli texte.
Mais tout d'abord, l’œuvre...
Un bijou, n'est-il pas ? A prendre au premier degré bien entendu...
Les paroles ? Ah, oui, les paroles...
[R] : R’vète min bieau p’tit s’rin, dins tin cache i s’ra fin bénache Ouv' à min p’tit s’rin, avec ti i f’ra bon ménache Dès qu’ t’eul’ prindras dins tin lit, t’intindras Mélanie, canter min canari Dès qu’ t’eul’ prindras dins tin lit, t’intindras Mélanie, canter min canari
Min bel ojieau, i veut s'involer, Ô Mélanie j’voudros t' deminder Un p’tit logemint pour li s’amuser. Mais si te veux qu’i cante, i faut l' catouiller [R] Avec sin bec, i t’ fait des baisses. Ouv' toute grande t’ cache, v’là qui s’ met in boule I n’ va rin casser, brinle le la mabresse (transcription non garantie), laiche mette eum’ ojieau dins tin bac à moules [R] Te dis qu’ eut’ cache, elle est trop petite, et que eum' n'ojieau i est beaucoup trop gros R’vète Mélanie, dis te causes trop vite, i a déjà mis s’ tiête intre les barreaux [R] Cha y est, te vos qu’i est rintré, i est dins tin mouron in train d’ picorer R’vète eum n’ojieau si i est bien dressé, j’ cros bin Mélanie qu' i va faire cui-cui [R]
Quelques termes de vocabulaire : eun' cache : une cage fin bénache : très heureux des baisses : des bises un ojieau : un oiseau (se dit parfois ojeau ou osieau) mabresse : marquée par la variole !!! (Après moultes écoutes, c'est ce que Dudu a pu comprendre à ces paroles, mot rencontré dans le vocabulaire du patois lillois de Louis Vermesse... Mais, bon, c'est un peu hors contexte ! Si quelqu'un a une meilleure oreille, est preneur.)
Passons au moment vraiment culturel de cet article. Sur la chaîne YouTube Télé Cafougnette, Jacques Bonnaffé se livre à une analyse hautement intellectuelle de la chanson. Ne ratez pas cela, c'est un grand moment...
On vous l'avait bien dit, ça valait la peine d'écouter celà, non ?
Petit bonus : Nous avons découvert une chanson de Julos Beaucarne qui semble avoir les mêmes sources d'inspiration que les Capenoules... (Une gayole ou gaïolle est une cage)
En ces temps de Salon de l'Agriculture, vous propose une p'tite récréation picarde à propos d' ches vaques...
Tout d'abord, écoutons la leçon de Guy Dubois concernant les mots picards en ...que.
Vous l'avez compris, eun' vaque, pour les picards (et aussi les normands), c'est une vache.
Voici donc quelques dictons concernant ches vaques dont vous découvrirez la traduction française par notre traditionnelle méthode duduesque du cliqué-glissé (ceusses qui ne connaissent pas rechercheront dans ce blog et particulièrement dans la rubrique Picard...). Vous trouverez également l'interprétation à la suite de chaque dicton.
Et ch'est parti...
D' lon, ches vaques all' z'ont toudis d' bieaux pis. De loin, les vaches ont toujours de beaux pis. Il faut se contenter de ce que l'on a et se méfier des apparences.
Eun' vaque qui brait all'perd eun' gueulée. Une vache qui beugle perd une bouchée. Celui qui parle trop ne travaille pas pendant ce temps.
Y a autant d' pieaux d' vieaux que d' pieaux d' vaques. Il y a autant de peaux de veaux que de peaux de vache. On meurt aussi bien jeune que vieux.
Y a traire et traire, mais i' n' faut point arracher l' pis de l' vaque. Il y a plusieurs manières de traire, mais il ne faut pas arracher le pis de la vache. Un métier ne peut s'exercer sans compétences.
Chacun s' n'ouvrache et ches vaques all' s'ront bin wardées. A chacun son métier et les vaches seront bien gardées. Chacun doit s'occuper de sa besogne.
I' est gros comme eun' puche et i' minge comme eun' vaque. Il est gros comme une puce et il mange comme une vache.
I' a eun' queue d' vaque dins s' main. Il a une queue de vache dans la main. Dans l'Amiénois, se dit en parlant d'un paresseux.
I' a intindu eun' vaque braire mais i' n' sait point dins quelle étape. Il a entendu une vache beugler, mais il ne sait pas dans quelle étable. Pour celui qui raconte un fait sans en connaître les tenants et aboutissants.