biloute

Publié le 23 Août 2016

Synthèse de nos articles consacrés au groupe culte nordiste des années 60-70

 

Capenoules

P'tit retour sur un groupe culte de notre région et un zoom sur quelques personnalités incontournables de ce groupe.

Capenoules

D'abord, qu'est-ce que c'est Les Capenoules ?
Un p'tit coup de Wiki... sans glaçons :

Les Capenoules est un groupe du nord de la France dont la plupart des chansons sont en picard dans sa variante ch'ti. Le mot "capenoule" signifie "voyou" au sens affectueux du terme en patois picard.

Note de Dudu : Le mot capenoule, inconnu chez Guy Dubois qui manie plutôt le patois du Pas-de-Calais, se retrouve dans le Vocabulaire du patois lillois de louis Vermesse déjà évoqué dans notre blog :

Capenoules

Bref revenons à nos moutons...

En 1966, Jacques Defer (ou Jack Defer) fonde un groupe de musique ch'ti aux chansons paillardes et grivoises, les Capenoules sont nés. Peu après son adhésion au groupe, le photographe Francis Delbarre, change de nom et devient Raoul de Godewaesvelde. Très vite, sa forte stature (1,92 m pour 120 kg) et sa voix grave et rocailleuse en font la vedette incontestée du groupe, mais il déclarera toujours « Mi, j’sus pas canteux, j’sus photographe ! » (Moi je ne suis pas chanteur, je suis photographe). En 1967, c'est Maurice Biraud, sur Europe n°1, qui fera entendre le premier les chansons des Capenoules. Fin 1967, les Capenoules sortiront un disque 33 tours, avec le titre "les chansons de ma nourrice", pour qui connaît le patois ch'ti, chansons paillardes, grivoises. Peu de gens le savent, mais le grand succès du leader des Capenoules, Raoul, "Quand la mer monte" a été composé par Jean-Claude Darnal chanson vendue à plus de 150000 exemplaires.

Capenoules

Capenoules

Capenoules

   Les 33 tours des    Capenoules

 

Trois 45 tours

des Capenoules

Capenoules

Capenoules

Dudu aimerait revenir sur quelques personnages emblématiques de ce groupe et par là-même incontournables de la vie lilloise des années 60-70.

A tout seigneur, tout honneur : Raoul !

 

Les Capenoules n'auraient pas été les Capenoules sans Francis Delbarre. D'abord qui aurait fait les photos inoubliables des pochettes de disques ? Mais soyons sérieux, c'est surtout sa voix reconnaissable entre toutes qui a fait son succès.

Raoul nous conte l'histoire du Mongy, le tramway reliant Lille à Roubaix et Tourcoing.

Il y a deux ans, Capenoules vous avait déjà parlé de Raoul -----> ici, allez-y voir...

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La Chanson de Raoul, un précieux documentaire de FR3, où apparaissent de nombreux protagonistes des Capenoules ainsi que la famille de Raoul.
A noter aussi la présence de Ronny Coutteure.

 

Jacques Defer

                                 La disparition du musicien Jack Deferjacques-defer-a-interprete-ses-derniere-862211-copie-1.jpg

Jack Defer et son orchestre, l'un et l'autre étaient inséparables. Le musicien originaire d'Armentières est décédé en 2010.
Jacques Defer, plus connu sous le prénom de Jack, est né d'une famille de musiciens mais c'est au conservatoire de Lille qu'il avait fait ses premières armes. Il était alors parti chercher fortune à Paris, où ses talents de saxophoniste lui ont valu le 1er prix du conservatoire national de Paris. C'est à l'époque qu'il entre dans la Garde républicaine de Paris.
C'est de retour dans le Nord qu'il crée son orchestre qui se produira ensuite dans toute la France et en Belgique. C'est en 1965 qu'il fonde les Capenoules. Également pianiste de renom, le musicien avait dirigé pendant 14 ans l'école de musique d'Armentières. (Nord Éclair du 20/12/2010)

 

Robert Lefebvre

robert_lefebvre

Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail.
Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, 
Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio,
Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ».
Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait : "Ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient."
Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules.
En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords
A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier (déjà évoqué Capenoules 2 ici).
Hommage de Guy Dubois à Robert Lefebvre dans Ch'tis du monde (lien)


Un document de l'INA avec Robert Lefebvre et Pierre Célie. A 1'07, écoutez la voix caractéristique de Robert Lefebvre. Même sans le voir, on savait qu'il était là !

Biloute

 

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Henri Leblond, surnommé Biloute, est lui aussi un des piliers... (de bistrot ?) du groupe.

Dans son café, le chanteur BILOUTE dédicace son dernier disque à son ami le peintre dunkerquois Arthur VAN EYCK. Puis il chante en chtimi sur l'air de la chanson d'Aznavour "Tu t'laisses aller".

Biloute est connu également pour avoir adapté des fables de La Fontaine et des contes de Perrault en patois.

 

Ch' corbeau et ch' renard
L'bieau p'tit capieau rouche
L' lief et l' tortue

 

Roger Frézin

Roger Frézin a étudié les arts graphiques à l'école des Beaux-Arts de Lille. En 1957, en réaction contre l’enseignement jugé trop académique et trop figé de l’école, il fonde l’Atelier de la Monnaie avec Pierre Olivier et Claude Vallois. Dans les années 1960, il participe au groupe surréaliste Phases, créé par le peintre Édouard Jaguer. Roger Frézin a également été membre du groupe nordiste les Capenoules. Il a été enseignant à l'école des Beaux Arts de Lille de 1972 à 1989. Roger Frézin était entre autres l'ami du mime Marceau avec lequel il ne manquait pas de se rencontrer à chaque fois que celui-ci se produisait à Lille. (Wiki)

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Au sein des Capenoules, Roger Frézin était chargé des illustrations sur les pochettes de disques, collection d'images évidemment un peu lestes dont voici quelques échantillons...

Capenoules 3

Capenoules 3

Capenoules 3

Capenoules 3

Capenoules 3

Capenoules 3

 

Capenoules 3

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Roger Frézin au centre
avec Marco Slinckaert
à sa droite et Raoul
à sa gauche

 

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Mimi Ducherloque

Cet article de La Voix du Nord en 2009 ramènera les vieux Lillois (comme Dudu) 50 ans en arrière... Quelle époque !

Mimi reine de la nuit, ou la véritable histoire du Sherlock

Outrée par la description faite de son établissement, elle veut rétablir la vérité. Le Sherlock, son night-club du 12, rue de Pas, incendié en 1974, n'était aucunement un « claque ». Micheline Dehertogh, alias Mimi Ducherloque, ouvre la malle aux souvenirs pour ressusciter les grandes heures du Lille nocturne.

Acteur, comédien, la voix de Philippe Clay reste à jamais celle du « M'sieur Clemenceauuu » des Brigades du Tigre . Sa signature est la première du livre d'or de Micheline Dehertogh. Suivent Hugues Aufray, Claude François, Jean-Marc Thibault, Colette Renard, Annie Girardot, les Platters, Pétula Clark, Jean Richard, Bébel, Francis Blanche... ou Lionel Hampton, l'un des géants du jazz. « Celle-là, elle vaut de l'or », se rengorge doucement Mimi en tapotant le paraphe. Sur le papier racorni défile le vibrant panthéon du Sherlock, qu'elle prend à témoin. Son night-club n'était ni un «  boui-boui » ni un « claque ». « Celui qui a dit ça nous veut du mal, s'indigne Mimi. Ma mère dormait à l'étage, avec mon fils et ma soeur. » L'avanie a un précédent : Aznavour. «  Un type odieux, affirme Arlette, la soeur de Mimi. Il est arrivé en disant : "Elles sont où les filles ?" Mais attendez, c'est pas un bordel ! » Sur la moquette Maniglier du Sherlock se croise, dans les années 60, la crème du showbiz. « Il était bien situé, note Christian, un ami.
À proximité, il y avait le théâtre (à l'opéra) et le cinéma Le Ritz, qui programmait des intermèdes musicaux entre les films, avec vedettes américaines le week-end. »

Saint des saints

À l'époque, Christian arrondit ses fins de mois en emballant des journaux la nuit. « Quand j'ai eu assez, j'ai fait faire, chez un tailleur, un costume marron avec chemise, cravate, godasses, pour entrer au Sherlock. Le premier jour, j'avais une sacrée trouille ; J'étais dans le saint des saints.  » Au Sherlock, la nuit a une reine. Micheline a racheté le Méditerranée en 1957 avec son époux André. En 1961, ils le transforment et le rebaptisent. On lui donne du Mimi Ducherloque, nom sous lequel elle chante avec les Capenoules, ce groupe patoisant emmené par Raoul De Godewarsvelde. L'ancienne du cours Simon, née en 1926, en même temps que la façade du 12, a du bagout, de l'entregent et du succès. Son paradis pour noctambules, où se succèdent les orchestres (I Trovatori, I Siculi, I Quatro Derby...), constitue une étape incontournable sur la route des fêtards distingués, stars mais aussi habitués.
Comme ce Fernand qui n'aimait rien tant que déclamer du La Fontaine, avec un faible pour Les Animaux malades de la peste.

S'il a oublié la peste, ce Lille d'antan n'est pas épargné par la pègre. « Un certain nombre de gens se sont aperçus qu'ici, ce n'était pas les mines », glisse Christian. « Ce sont les Niçois qui sont montés en premier, note Mimi. Mais les voyous, autrefois, avaient un code d'honneur. » Reste que le Sherlock est prié, une fois l'an, d'harmoniser ses tarifs avec ceux de ses concurrents. Une règle de bonne entente. Jusqu'aux réveillons de 1973, affirme Mimi. « On avait décidé de ne pas bastonner les gens qui nous faisaient vivre le reste de l'année.  » Pas de hausse des prix, donc. Elle raconte les porte-flingues dépêchés, les menaces proférées. Un an plus tard, à deux semaines des fêtes, le 9 décembre 1974, le Sherlock explose en pleine nuit. Il inaugure une coutume lilloise qui verra, par la suite, d'autres établissements périr par le feu.

Le deuil du Sherlock

Le night-club de la rue de Pas ne se relèvera jamais. «  J'étais en deuil, se souvient Mimi.
Je disais "le Sherlock est mort". Et en 1976, mon mari est décédé. » Elle revend le bâtiment deux ans après. Les images et les amis, eux, la suivront au restaurant qu'elle tiendra, pendant quelques années, rue Solférino. Ils demeurent à ses côtés, aujourd'hui, et protestent quand le passé est insulté.
« Lorsque les policiers m'ont interrogée, après l'incendie, ils m'ont dit que dans le milieu, j'étais classée blanc-bleu.  » Au-dessus de tous soupçons, dans le jargon. La couleur la plus pure, pour les diamantaires. Blanc-bleu, aussi, les souvenirs clairs de Mimi, et ces yeux vifs encore, qui pleurèrent le soir où Fats Domino joua, à sa demande, Blueberry Hill dans son précieux Sherlock.

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La façade du Sherlock, comme un symbole


Prêts pour la photo...

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Une savoureux entretien avec Mimi en 2010, toujours dans la Voix du Nord :

Mimi n'aime pas les raccourcis. Gare : une femme capenoule n'est, en rien, une Capenoulette. « Les Capenoulettes, c'était Fifine, Thérèse et Ginette, et elles avaient de la chance que je les tolère », chapitre Micheline Dehertogh, faussement sévère. Mimi Ducherloque, c'est une Capenoule, point. En fait, c'est LA Capenoule. « C'était une famille, il n'y en a jamais un qui m'a draguée. Pierre Célie, un jour, a dit " Les Capenoules, c'est une histoire de mecs. " J'ai répondu "Merci ! " Et lui : "Ti, c'est pas pareil. " Ils me considéraient comme un copain. » Ça lui convenait, Mimi. Pas bégueule. « C'était sans doute plus choquant d'entendre une femme dire des choses vulgaires », reconnaît-elle, en traduisant quelques vers des P'tits poils du samedi soir : « Les poils de mon cul, je les ai revendus... » Dans son appartement de La Madeleine, elle chantonne en sirotant un vin d'orange. Comment croire qu'un demi-siècle a filé depuis qu'elle a ouvert, à Lille, le club avec lequel elle allait se confondre, le Sherlock ? Son regard n'a pas pâli depuis cette photo, prise dans un studio parisien, à l'enregistrement de Quand la mer monte. On l'y voit souffler dans un trombone, à côté de Darnal (l'auteur) et Raoul, qu'elle appelle toujours « Francis ». « Ce n'est pas Francis Delbarre qui s'est tué, c'est Raoul de Godewarsvelde », souffle-t-elle. Le suicide du colosse, en 1977, sonne le début de la fin des Capenoules.

L'aventure commence chez Mimi, rue de Pas. Au comptoir de ce Sherlock où se pressent alors les noctambules chics. André Verchuren cherche des chansons en patois. Un ami de la patronne, Robert Lefebvre, se met à écrire. Jack Defer rapplique avec son orchestre. « Ils ont enregistré le premier 45 tours au Sherlock, en une nuit, rappelle Francis Delabre, l'auteur de "Capenoules !". Il s'en est vendu plus de 10 000 exemplaires sous le manteau. » La machine est lancée. Foutraque, improvisée, joyeuse. Les Delbarre, Decubber, Lefebvre, Célie montent à Paris pour graver leurs « folques-songues en patois ». « On ne se prenait pas pour des stars. Un technicien parisien nous a dit "Il faut huit jours à Dalida, vous, en deux heures, c'est fait". On n'en a jamais fait un métier. »

Vénus sortie d'une cabine de plage

Elle a le don de la parole, Mimi. Elle lâche : « J'aurais voulu être une artiste. » Pas une Capenoule, une comédienne. « C'était mon rêve de faire du théâtre. Mon mari l'a gâché en venant me chercher à Paris quand j'étais au cours Simon. Être revenue à Lille, c'est mon éternel regret. Mais j'étais amoureuse... » Le Sherlock comblera ce manque. Il sera son théâtre. « Mon caillebotis, c'était ma scène à moi. J'en avais besoin. » Interprète de Du gris, de Dumont - « Je sens que mon âme s'en ira/Moins farouche/Dans la fumée qui sortira/De ma bouche » -, elle claironnait Baiss'ta gaine Philomène avec les Capenoules. Sur une photo célèbre, ces messieurs en tenue de baigneur n'ont d'yeux que pour Vénus sortie d'une cabine de plage. Son époux tordait le nez. Elle n'aurait arrêté pour rien au monde. Pas même pour lui. « J'étais devenue quelqu'un seule. Je représentais quelque chose. Je n'étais plus Micheline Dehertogh, je n'étais plus la femme de mon mari. J'étais Mimi Ducherloque. » •

 

 

 

André Dekooninck

 

La Voix du Nord - 25/02/2015 - En attente de copie...

 

Michel Célie

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Article de la Voix du Nord :

Natif de la Madeleine, près de Lille, Michel Célie, vers la fin de sa vie, vivait rue Lepic à Paris. Une rue dans laquelle se trouvait la maison de production des Capenoules, le label « Déesse », justement. Pour raconter sa vie, il résumait ainsi : « J’ai toujours eu de la chance ».

Adolescent, Michel Célie vit à Mouscron, où sa famille a déménagé : « Ma famille paternelle travaillait le lin, elle avait une entreprise de rouissage dans la vallée de la Lys. Il a été tiré au sort qui s’installerait à Mouscron. C’est tombé sur mon grand-père. » Quand il découvre le théâtre et l’écriture, il sait vite qu’il ne veut pas travailler dans le textile par tradition familiale.

Il crée alors sa troupe, « Les comédiens réunis ». Avec Pierre, son frère, et Robert Lefebvre (un ancien journaliste à La Voix du Nord), ils créent l’émission de télévision « Les copains du samedi » : « À l’époque, il n’y avait que trois chaînes de télévision dans le Nord - Pas-de-Calais mais une seule, la 3, le samedi soir. Les artistes se disputaient pour venir. »

Ces soirées se terminent autour d’un verre, entre amis et en chansons 100 % chti. Les Capenoules sont nés et préparent, en 1966, leur premier 33 tours. Mais ils n’ont pas de maison de disques. Pierre et Michel créent alors le label Déesse. Déesse parce que, quand il a fallu lui trouver un nom, ils partageaient un verre sur la Grand-Place de Lille. « Et ça a marché. Ce premier 33 tours s’est bien vendu. Le premier 45 de Raoul de Godewarsvelde – Tu n’es qu’un employé – a été diffusé tout de suite à la radio. » Le label Déesse a connu d’autres succès, notamment avec le « rital » Claude Barzotti, et avec la « Danse des canards ».

L’aventure des Capenoules se termine avec le décès de Raoul (Francis Delbarre), en 1977. De cette amitié, Michel Célie avait gardé l’habitude de déjeuner régulièrement avec son fils, Arnaud Delbarre, quand celui-ci était directeur de l’Olympia.

Plusieurs amitiés ont marqué sa vie, avec Jacques Brel qu’il avait connu à 19 ans, et surtout avec Bernard Dimey, l’auteur de « Mon truc en plumes ».

 

Marco Slinckaert

Marco Slinckaert, né en 1943, et mort le 13 décembre 2009, est illustrateur et sculpteur. Il a notamment fait partie de L'Atelier de la Monnaie fondé par l'artiste Roger Frézin.

Illustrateur pour plusieurs entreprises (Philips ou encore Valkeniers à Lomme), il a été l'un des premiers à exploiter le numérique et l'informatique dans ses œuvres. Sa recherche artistique est essentiellement axée autour de « l'incapacité d'accéder et de mettre au réel l'infinitude. Infinitude du temps, infinitude de l'espace, infinitude des nombres. »

Son œuvre la plus emblématique est la sculpture intitulée Fontaine de la Solidarité, représentant un ruban de Möbius qui orne le centre de la place de la Solidarité dans le quartier de Wazemmes à Lille. Inaugurée en 1989 par le président François Mitterrand, cette sculpture de 12 m de long par 7 m de haut est composée de 3000 éléments d'acier inoxydable pour un total de 10 tonnes. L'œuvre a été conçue par ordinateur par l'artiste, puis fabriquée par Inoxi France. Cette œuvre est souvent surnommée « Le Serpent » par les riverains, et la place sur laquelle elle se trouve, le « rond-point du Serpent », qui est devenu un repère géographique important à Lille.Marco Slinckaert était soliste et compositeur au sein des Capenoules. (Wiki)

 

Capenoules 3


Jacques Bonnaffé chante Min p'tit s'rin, chanson composée par Marco pour les Capenoules

Capenoules 3

 

 

Pour clore cet ensemble d'articles, essayons de classer les titres des Capenoules et terminons par les très attendues chansons (vraiment, vraiment...) paillardes.

Il convient donc d'avertir les visiteurs que la fin de cet article n'est pas destinée aux oreilles prudes ou sensibles.

Mais y'a pas... Dudu est obligé d'y passer s'il veut être exhaustif sur le sujet...

Donc , on vous disait : classification des chansons. Il est évident que certaines peuvent être classées dans plusieurs catégories. Et puis tout cela ne doit pas être pris trop au sérieux !

Répertoire des Capenoules

Répertoire des Capenoules

Répertoire des Capenoules

1 - Chansons régionales, voire locales, où sont cités des lieux ou des personnages typiquement nordistes ou lillois :
Les gars du Nord
Quind les inglaisses
Ch'est mi D'siré 
Charlot l' bochu
L' curé d' Saint-Louis
...

2 - Chansons festives ou/et chansons à boire :
La zizique à papa
Dins l' pouli à glaines
Pitche et Mitche

Dinse min fieux, dinse
Ch' qu'in veut nous zaut'
V'là l' diminche arrivé 
Ch'est un bon d'mi
Lève tin verre
...

3 - Chansons consacrées aux femmes (!!!!)
Eul' file d' Sainghin
Eul' grante berlousse 
Rosalie Babache
Eul' grosse Adrienne
Elle s'appelle Françoise
Eul' petite boteuse
Ah la pourrisse
Eun' file d' Saint Sauveur
Eul' planque à pain

C'est-y pas poétique, tout ça ?
Attention, maintenant, on rentre "dans le dur"...

Répertoire des Capenoules

Répertoire des Capenoules

Répertoire des Capenoules

4 - Chansons consacrées à l'appareil génital masculin, mais tout en douceur et à double sens. Les visiteurs assidus de Répertoire des Capenoules se douteront que c'est notre catégorie préférée...
  MinRépertoire des Capenoules p'tit s'rin
  Min poreau  
  Min p'tit frère
  Min p'tit arrosoir
... Notez qu'il est souvent p'tit...

5 - Chansons un peu "caca prout". Là aussi, Répertoire des Capenoules , on ne déteste pas...
T'iros ti ?
Eul' négresse
Tout ch' ti qui pisse
Jean Lariguette 
...

Allez, on monte encore d'un cran...

6 - Chansons lestes, grivoises ou carrément paillardes
Polka comme cha
Les bogettes
Baisse ta gaine, Philomène 
L'curé de chez nous
Tant pis pour elle, tant pis pour nous
L' société des grosses biroutes
Les Capenoules vous saluent bien
Sur la route de Sainghin
In r'venant de l' kermesse

...

Enfin dernière catégorie, Dudu ne pensait pas en arriver là, mais le hasard d'un balade sur Youtube a bien fait les choses...

7 - Chansons de corps de garde

 Alors, on vous l'avait dit, c'est du lourd...

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Publié le 9 Août 2016

Poursuite de notre plongée chez les Capenoules avec trois membres éminents...

Jacques Defer

                                 La disparition du musicien Jack Deferjacques-defer-a-interprete-ses-derniere-862211-copie-1.jpg

Jack Defer et son orchestre, l'un et l'autre étaient inséparables. Le musicien originaire d'Armentières est décédé en 2010.
Jacques Defer, plus connu sous le prénom de Jack, est né d'une famille de musiciens mais c'est au conservatoire de Lille qu'il avait fait ses premières armes. Il était alors parti chercher fortune à Paris, où ses talents de saxophoniste lui ont valu le 1er prix du conservatoire national de Paris. C'est à l'époque qu'il entre dans la Garde républicaine de Paris.
C'est de retour dans le Nord qu'il crée son orchestre qui se produira ensuite dans toute la France et en Belgique. C'est en 1965 qu'il fonde les Capenoules. Également pianiste de renom, le musicien avait dirigé pendant 14 ans l'école de musique d'Armentières. (Nord Éclair du 20/12/2010)

 

Robert Lefebvre

robert_lefebvre

Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail.
Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, 
Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio,
Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ».
Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait : "Ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient."
Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules.
En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords
A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier (déjà évoqué Capenoules 2 ici).
Hommage de Guy Dubois à Robert Lefebvre dans Ch'tis du monde (lien)


Un document de l'INA avec Robert Lefebvre et Pierre Célie. A 1'07, écoutez la voix caractéristique de Robert Lefebvre. Même sans le voir, on savait qu'il était là !

Biloute

 

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Henri Leblond, surnommé Biloute, est lui aussi un des piliers... (de bistrot ?) du groupe.

Dans son café, le chanteur BILOUTE dédicace son dernier disque à son ami le peintre dunkerquois Arthur VAN EYCK. Puis il chante en chtimi sur l'air de la chanson d'Aznavour "Tu t'laisses aller".

Biloute est connu également pour avoir adapté des fables de La Fontaine en patois.

 

Ch' corbeau et ch' renard
Cheu'll cigale et cheu'll fourmi
L' lief et l' tortue

 

A suivre prochainement : Roger Frézin, Mimi Ducherloque, Michel Célie, Marco Slinckaert et... de la chanson paillarde "fauq' pou les grands" !
Ah, ah ! Cha vous fait invie, hein ?

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Publié le 15 Février 2016

Biloutes de curé, aussi appelées biloutes de soldat... selon les régions.

Non, pas de vidéo hard sur cette page, une simple recette de cuisine pour un dessert bien de Les biloutes de curé puisque à la sauce picarde et ce, en patois bien sûr, présenté par Bertrand Cocq (déjà vu -----> ici) dans la série "In va s' pourléquer sec" avec Léon et Gérard...

Recette en français : (sur Chtinormand)

Les biloutes de curé

Ingrédients :
1kg de farine
300g de beurre
250g de cassonade
1 sachet de sucre vanillé
5 à 6 œufs
1 pincée de sel

Préparation :
Faire fondre le beurre avec la cassonade.
Mettre dans un saladier la farine,le sucre vanillé, les œufs, la pincée de sel, un peu de rhum (facultatif).
Mélanger avec les mains, puis ajouter le beurre et la cassonade fondus .
Former une belle boule de pâte;
Sur un plateau faire des petits cylindres de 2 cm de diamètre et de 5 cm de longueur ; les rouler dans la farine.
Chauffer 1 litre d'huile dans une cocotte puis cuire les biloutes de curé par 10 ; la cuisson est prête une fois le gâteau bien doré. Les égoutter sur un papier absorbant ; mettre dans un saladier puis saupoudrer un peu de sucre glace comme pour un beignet.

 

Et un p'tit bonus, toujours avec Léon et Gérard, qui vous expliquent l'expression picarde :

 

Les biloutes de curé

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #biloute, #biloutes de curé, #cocq, #curé, #Léon et Gérard, #patois, #picard

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Publié le 5 Décembre 2014

La Fontaine a souvent été repris, remanié, trituré, recomposé plus ou moins heureusement par des personnalités plus ou moins connues.

Fable en picard s'intéresse aujourd'hui à une version en patois de la fable le Corbeau et le Renard dite par Biloute, chansonnier et conteur patoisant décédé depuis un certain temps mais dont les plus anciens d'entre nous ont sans doute entendu parler.

Biloute a d'ailleurs fait partie de la joyeuse bande des Capenoules dont on vous parlera un de ces quatre...

Fable en picardFable en picard

 

 

 

 

 

 


Voici donc une petite leçon de picard avec la complicité de Jean de la Fontaine, lui aussi un peu picard puisque né à Château-Therry, administrativement en Picardie, quoique réellement située en Brie...

Et le texte transcrit avec bien des misères, par Dudu. Les puristes voudront bien lui pardonner les quelques maladresses qui doivent subsiter.

Eun cornalle un bieau jour
(d'ù qu'alle l'avot été querre ?)
Alle s'étot imparé d'un morcieau d' camembert.
Toute continte d'alle-mainme et pis de s'bonne aubaine,
Alle s'étot involé tout in haut d'un grand chêne.

Eul fromach' de l' cornalle i sintot tell'mint bon
qu'un arnard d' sin terrier i' in sortot tout d'un bond !
Ah ! Lougarou ! qu'i dit, chouqu' cha sint bon l' fromach !!!
Si qui n' n' a par ichi, m'in passer s'rot dommach'

I r'vêtiot d' tous côtés quand in l'viant sin musieau,
I aperchut ch' cornal su' sin chêne tout in haut
Avec sin camembert qui li muchot tout s' tiête !

Infin, qu'i dit tout pindint qu'il l' arvête
Eun cornalle ch'est si bête ! Un arnard si malin !
Alle mingerot du fromach' et mi je n'auros point !
Ah nan ! Cha, ça s'rot point conv'nap !!!"
Et tout in dijant cha, ch' glouton i s'aboule tout près de ch't' arp',

Et pour flatter l'cornalle, v'la qu'i s' met à dire tout haut :
J'ai jamais vu de m' vie un parel osieau !
Est-il vraimint possip' que cha seuche eun' cornalle ?
Euj' n'ai jamais vu d' parelle dins tous ches futalles.

Ch'est vrai et je n' mins point
Et si sin cant'mint i r'ssempe à s' n'habil'mint,
I a pas d' pus bel osieau d'où qu'in voudra dins l' monde
Et dins tout l'univers à chint lieues à la ronde !

In intindant tout cha, eul' cornalle all se gobot !
Et pour li montrer s' bielle voix,
V'la qu'all' cante un morcieau :
Couac, qu'alle fait, Couac !
Pardouf ! Eul' camembert intre les branques de ch' t'arp'
Dégringole jusqu'à tierre !
Couac, qu'i fait ch' glouton
Si t' voix all' est point bielle, tin fromach', i' est bon !"

Et l' morale d' tout cha, si i faut que j'vous l'apprenne,
ch'est qui faut point parler tout l' temps qu'in a s' bouque pleine...

Petit lexique et quelques explications :
abouler : normalement apporter, mais ici sans doute rappliquer
cant'mint : la façon de chanter, le "ramage" dans la fable
chint : cent
eun cornalle : un corbeau, une corneillese gober : se rengorger, faire le fier
habil'mint : habillement, le plumage dans la fable
alle-mainme : elle-même
mucher : cacher
querre : chercher
I r'vétiot : Il regardait (du verbe arvétier)
cha seuche : ça soit (subjonctif du verbe être)
Si qui n' n' a : S'il y en a (difficile à prononcer, double n', essayez à voix haute, vous vous rendrez compte)
Vous remarquerez aussi :
- la terminaison des verbes à l'imparfait en -ot correspondant à -ait en français.
- la consonne p qui remplace b, dans possip', conv'nap', arp' (possible, convenable, arbre)
- le i intercalé dans la dernière syllabe des mots en -eau : osieau, morcieau, musieau

 

Voila pour cette petite initiation au picard ! A Dé...

Et maintenant, un peu de détente...

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #biloute, #corbeau, #fable, #la fontaine, #picard, #renard

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