la fontaine

Publié le 9 Août 2016

Poursuite de notre plongée chez les Capenoules avec trois membres éminents...

Jacques Defer

                                 La disparition du musicien Jack Deferjacques-defer-a-interprete-ses-derniere-862211-copie-1.jpg

Jack Defer et son orchestre, l'un et l'autre étaient inséparables. Le musicien originaire d'Armentières est décédé en 2010.
Jacques Defer, plus connu sous le prénom de Jack, est né d'une famille de musiciens mais c'est au conservatoire de Lille qu'il avait fait ses premières armes. Il était alors parti chercher fortune à Paris, où ses talents de saxophoniste lui ont valu le 1er prix du conservatoire national de Paris. C'est à l'époque qu'il entre dans la Garde républicaine de Paris.
C'est de retour dans le Nord qu'il crée son orchestre qui se produira ensuite dans toute la France et en Belgique. C'est en 1965 qu'il fonde les Capenoules. Également pianiste de renom, le musicien avait dirigé pendant 14 ans l'école de musique d'Armentières. (Nord Éclair du 20/12/2010)

 

Robert Lefebvre

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Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail.
Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, 
Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio,
Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ».
Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait : "Ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient."
Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules.
En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords
A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier (déjà évoqué Capenoules 2 ici).
Hommage de Guy Dubois à Robert Lefebvre dans Ch'tis du monde (lien)


Un document de l'INA avec Robert Lefebvre et Pierre Célie. A 1'07, écoutez la voix caractéristique de Robert Lefebvre. Même sans le voir, on savait qu'il était là !

Biloute

 

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Henri Leblond, surnommé Biloute, est lui aussi un des piliers... (de bistrot ?) du groupe.

Dans son café, le chanteur BILOUTE dédicace son dernier disque à son ami le peintre dunkerquois Arthur VAN EYCK. Puis il chante en chtimi sur l'air de la chanson d'Aznavour "Tu t'laisses aller".

Biloute est connu également pour avoir adapté des fables de La Fontaine en patois.

 

Ch' corbeau et ch' renard
Cheu'll cigale et cheu'll fourmi
L' lief et l' tortue

 

A suivre prochainement : Roger Frézin, Mimi Ducherloque, Michel Célie, Marco Slinckaert et... de la chanson paillarde "fauq' pou les grands" !
Ah, ah ! Cha vous fait invie, hein ?

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Publié le 5 Décembre 2014

La Fontaine a souvent été repris, remanié, trituré, recomposé plus ou moins heureusement par des personnalités plus ou moins connues.

Fable en picard s'intéresse aujourd'hui à une version en patois de la fable le Corbeau et le Renard dite par Biloute, chansonnier et conteur patoisant décédé depuis un certain temps mais dont les plus anciens d'entre nous ont sans doute entendu parler.

Biloute a d'ailleurs fait partie de la joyeuse bande des Capenoules dont on vous parlera un de ces quatre...

Fable en picardFable en picard

 

 

 

 

 

 


Voici donc une petite leçon de picard avec la complicité de Jean de la Fontaine, lui aussi un peu picard puisque né à Château-Therry, administrativement en Picardie, quoique réellement située en Brie...

Et le texte transcrit avec bien des misères, par Dudu. Les puristes voudront bien lui pardonner les quelques maladresses qui doivent subsiter.

Eun cornalle un bieau jour
(d'ù qu'alle l'avot été querre ?)
Alle s'étot imparé d'un morcieau d' camembert.
Toute continte d'alle-mainme et pis de s'bonne aubaine,
Alle s'étot involé tout in haut d'un grand chêne.

Eul fromach' de l' cornalle i sintot tell'mint bon
qu'un arnard d' sin terrier i' in sortot tout d'un bond !
Ah ! Lougarou ! qu'i dit, chouqu' cha sint bon l' fromach !!!
Si qui n' n' a par ichi, m'in passer s'rot dommach'

I r'vêtiot d' tous côtés quand in l'viant sin musieau,
I aperchut ch' cornal su' sin chêne tout in haut
Avec sin camembert qui li muchot tout s' tiête !

Infin, qu'i dit tout pindint qu'il l' arvête
Eun cornalle ch'est si bête ! Un arnard si malin !
Alle mingerot du fromach' et mi je n'auros point !
Ah nan ! Cha, ça s'rot point conv'nap !!!"
Et tout in dijant cha, ch' glouton i s'aboule tout près de ch't' arp',

Et pour flatter l'cornalle, v'la qu'i s' met à dire tout haut :
J'ai jamais vu de m' vie un parel osieau !
Est-il vraimint possip' que cha seuche eun' cornalle ?
Euj' n'ai jamais vu d' parelle dins tous ches futalles.

Ch'est vrai et je n' mins point
Et si sin cant'mint i r'ssempe à s' n'habil'mint,
I a pas d' pus bel osieau d'où qu'in voudra dins l' monde
Et dins tout l'univers à chint lieues à la ronde !

In intindant tout cha, eul' cornalle all se gobot !
Et pour li montrer s' bielle voix,
V'la qu'all' cante un morcieau :
Couac, qu'alle fait, Couac !
Pardouf ! Eul' camembert intre les branques de ch' t'arp'
Dégringole jusqu'à tierre !
Couac, qu'i fait ch' glouton
Si t' voix all' est point bielle, tin fromach', i' est bon !"

Et l' morale d' tout cha, si i faut que j'vous l'apprenne,
ch'est qui faut point parler tout l' temps qu'in a s' bouque pleine...

Petit lexique et quelques explications :
abouler : normalement apporter, mais ici sans doute rappliquer
cant'mint : la façon de chanter, le "ramage" dans la fable
chint : cent
eun cornalle : un corbeau, une corneillese gober : se rengorger, faire le fier
habil'mint : habillement, le plumage dans la fable
alle-mainme : elle-même
mucher : cacher
querre : chercher
I r'vétiot : Il regardait (du verbe arvétier)
cha seuche : ça soit (subjonctif du verbe être)
Si qui n' n' a : S'il y en a (difficile à prononcer, double n', essayez à voix haute, vous vous rendrez compte)
Vous remarquerez aussi :
- la terminaison des verbes à l'imparfait en -ot correspondant à -ait en français.
- la consonne p qui remplace b, dans possip', conv'nap', arp' (possible, convenable, arbre)
- le i intercalé dans la dernière syllabe des mots en -eau : osieau, morcieau, musieau

 

Voila pour cette petite initiation au picard ! A Dé...

Et maintenant, un peu de détente...

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #biloute, #corbeau, #fable, #la fontaine, #picard, #renard

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