corse

Publié le 13 Juin 2015

Rappelez-vous, c'était hier...

Taphophilie corse

Le mausolée de la famille Piccioni près de Pino en Corse contient, entre autres, les cendres fille de Gustave Eiffel, Valentine, mariée aves Camille Piccioni, diplomate et fils d’Antoine Piccioni qui fut maire de Bastia.

En découvrant la Corse, et plus particulièrement le Nord de l'île dans les environs du Cap Corse, Dudu fut étonné de constater le nombre de tombeaux, pour la plupart luxueux, bâtis, non pas dans des cimetières comme sur le continent, mais au bord des routes à la vue de tout un chacun.

Pour expliquer cela, il faut remonter au XVIIe et au XIXe siècle.

La richesse de Pino et  des communes du Cap Corse en ces temps-là s’explique souvent par une forte émigration à Porto Rico et un pouvoir d’achat des Corses américanisés qui, en retour, font construire de grandes maisons toscanes au toit à quatre pentes avec ou sans jardin (on dénombre, à Pino, quatorze palazzi d’Americani) ainsi que des tombeaux majestueux qui font face à la mer.

Tout comme les palazzi, ces grandes maisons patriciennes, les tombeaux monumentaux construits aux abords des hameaux et face à la mer. Ils sont autant de signes extérieurs de richesse et l’expression d’un lien puissant entre les vivants et les morts.

Dans tous les villages du Cap Corse, en bordure de route, mais toujours sur des positions en vue, s'élèvent d'imposantes sépultures. Construites par les émigrés capcorsins ou des familles de notables, ces demeures des morts combinent tombeaux et autel pour célébrations ce qui en fait de véritables chapelles funéraires. L'intérieur y est souvent orné de sculptures, de tableaux, de bougeoirs et d’ostensoirs précieux. L’extérieur peut être luxueux avec murs d'enceinte, portails, escaliers et jardins aménagés avec palmiers ou cyprès. Ces constructions rappellent celles des grandes lignées florentines ou romaines. Les familles insulaires viennent s’y recueillir au moins une fois par an, à la Toussaint.

Taphophilie corse

Les plus beaux édifices sont à Sisco (tombeau Battistini), Cagnano (Biaggi), mais c’est à Barrettali aux hameaux de Minerviu et Cunchigliu) que les familles ont rivalisé dans la grandeur, mais aussi dans le choix des lieux, face à la mer. L’importance de celle-ci est particulièrement visible à Pino où le tombeau Bartolomei a la forme d'une embarcation surmontée d'ancres sculptées.

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 La dernière demeure vaut une résidence secondaire.

Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les défunts sont inhumés à l’intérieur des églises, ou des couvents, dans une cave située sous l’autel et dénommée « l’Arca » en Corse. Les corps sont simplement jetés dans cette fosse commune si proche de Dieu, où les ossements des « sgio » (seigneurs féodaux) sont mêlés à ceux des notables, des paysans, des pêcheurs. Pour la population, l’usage de l’arca est plus qu’une habitude, c’est un devoir, une véritable loi sociale car tout défunt enterré dans un cimetière est considéré comme abandonné du Tout-Puissant.

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 L' Arca est une tombe collective, sorte de chambre souterraine voutée à orifice étroit fermé par une dalle de pierre creusée dans le sol de l'édifice religieux. Cette ouverture, suivant les édifices, se trouvait près de l'entrée, dans la nef ou encore avait une position centrale.
Lors des décès, et à la suite du rite funéraire, le corps du défunt basculait dans l'arca par cette ouverture qui était ensuite refermée.

Au XIX siècle, la Corse étant devenue française, l’état invoqua l’insalubrité comme prétexte pour interdire la pratique de l’arca. Il est vrai que l’ardeur du soleil d’été exacerbait l’odeur des corps en décomposition, ce qui condamnait souvent l’accès à l’église. A partir de cette interdiction, les Corses si attachés à leur traditions durent accomplir ce qu’ils avaient toujours évité de faire, enterrer les leurs dans le cimetière communal.

Mais tandis que certains transgressaient la loi en allant déterrer leurs morts la nuit pour les inhumer en secret dans l’église, d’autres eurent le réflexe d’offrir comme dernière demeure aux disparus la propriété familiale. De cette époque date le proverbe (en français ) Fais ta tombe  dans ta propriété et tu iras au paradis. Ces bâtisses affirmaient la puissance de ces lignées, et aussi permettaient de rendre les terrains inaliénables. On ne vend pas les morts !, comme dit un proverbe. Visibles ou invisibles, les morts restent parmi nous et leurs tombeaux nous montrent d’où nous venons, quelles sont nos racines. Nous sommes les héritiers d’une histoire et d’une communauté.

28-Minerviu (2)

 

Merci aux sites destination-cap-corse, locationencorse, hubert35, chtoric67, m.2b-luciani ... pour la documentation et les images.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #arca, #corse, #mausolée, #taphophilie, #tombe

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Publié le 12 Juin 2015

Un p'tit kesse ? ouesse ? de fin de semaine... Eh oui, RTT, la semaine se termine le vendredi à 15 heures...

Alors, kesse ?

Kesse ? Ouesse ?

1 - une villa de vacances
2 - un mausolée
3 - une église orthodoxe
4 - un monastère
5 - le garage de la mob' à Gérard Lambert (ben oui, comme d'hab...)

Réponse : 2 - Il s'agit d'un tombeau. Eh ouais, taphophilie oblige...

Oui mais... kiesse là-dedans ?
Tiens, on vous offre sa photo gratos...

Valentine Piccioni assise derrière une tabe, sur laquelle est ouvert un livre Stretched Canvas Print

1 - Valentine Eiffel, fille de Gustave
2 - Solange Sand, fille de George et de l'un de ses nombreux amants (on ne sait pas lequel...)
3 - Colette de Jouvenel, fille de l'écrivain Colette et de Henri de Jouvenel
4 - Léopoldine Otéro, fille adultérine de Léopold II de Belgique et de Caroline Otéro, dite la Belle Otéro
5 - Fanny de la Sorgue, fille naturelle de la Pépette et de Willy Brouillard (là, c'est pour les calés en renaulogie...)

Réponse : 1 - Valentine Eiffel avait épousé Camille Piccioni. (indice pour la question ouesse ?..)

Alors ouesse ?

1 - Santa Rosalia, au Mexique où Eiffel a construit l'église Santa Barbara
En fait, c’est à Bruxelles que les Mexicains sont allés acheter une église métallique en pièces détachées, arrivée dans la capitale belge en provenance de l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Conçue par Gustave Eiffel, elle y avait été exposée tout près de sa Tour révolutionnaire.
L’église, transportée par bateau, a été remontée en 1897 à Santa Rosalia, dont elle est aujourd’hui l’un des arguments touristiques essentiels.
La nef de l'église Santa Barbara, à Santa Rosalia au Mexique, le 2 mars 2010 (© 2009 AFP)
2 - Porto, au Portugal, où Eiffel a construit le pont Maria Pia sur le Douro
Le Pont Maria Pia est un ouvrage d'art construit en 1876 et 1877 pour franchir le Douro. Ce pont en arc est le premier pont ferroviaire à joindre les deux rives du Douro. Il a été conçu par Gustave Eiffel et son associé Théophile Seyrig au sein de la compagnie de construction Eiffel et Cie. Il est désaffecté depuis 1991 et remplacé par le pont en béton visible derrière lui.
Le pont Maria Pia
3 - Nice, où Eiffel a construit le dôme de l'observatoire du mont Gros
Le coût de sa construction fut entièrement pris en charge par le banquier et philanthrope Raphaël-Louis Bischoffsheim. L'architecte Charles Garnier conçut les 15 bâtiments d'origine. Il réalisa la base de la grande coupole, l'ingénieur Gustave Eiffel réalisa la coupole abritant la lunette principale.

4 - Pino, en Corse , où Eiffel a construit le pont ferroviaire sur le Vecchio à Venaco
Le pont Eiffel qui surplombe le Vecchio a été bâti entre 1890 et 1892. Il mesure 170,96 m de long et 84 m de haut. C’est le plus grand viaduc de Corse, sa construction a donc fait sensation à l’époque.

5 - Massy-Palaiseau, où Eiffel a construit... euh ! rien...

Réponse : 4 - Gustave Eiffel avait des relations particulières avec la Corse, non seulement parce qu'il avait construit le pont sur le Vecchio, mais aussi parce que sa fille avait épousé un diplomate corse célèbre, Camille Piccioni.

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Demain on vous donnera quelques explications complémentaires.

Taphophilie corse -----> ici

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #corse, #Eiffel, #pont

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Publié le 4 Décembre 2014

Il va falloir vous y faire : depuis des décennies, Monsieur et Madame Dudu adorent les cimetières...
Au cours de leurs voyages, leur destination idéale a toujours été de découvrir un de ces lieux qui puisse se démarquer de ses semblables par sa beauté (eh oui, il y a de beaux cimetières !), son ambiance, son originalité ou les personnalités qui y reposent.
Jusqu'à ces derniers temps, Dudu avait baptisé cette passion nécrophilie... Mais la consultation récente d'un dictionnaire lui fit prendre conscience de la signification horrifique de ce mot ! (Nous laissons aux lecteurs motivés de ce blog le soin de vérifier par eux-mêmes.)

Voila donc Dudu à la recherche d'un substantif plus seyant afin de définir ce hobby. Évidemment, destination Wiki... qui pour une fois ne nous apprend rien, sinon qu'il existe l'adjectif cimétérial [relatif aux cimetières].
C'est alors que Dudu fit preuve d'une audace inouïe (pardon Monsieur Bescherelle) : la création d'un néologisme : la cimétérophilie, mot qui sera, nous en sommes certains, dans quelques jours dans le dictionnaire de l'Académie Française !

Nous inaugurerons dans les prochains jours une nouvelle rubrique CIMETEROPHILIE dans le menu de notre blog.
En attendant, une vidéo made in Bienvenue chez les morts... , vous faisant découvrir le cimetière marin de Bonifacio, en Corse.

Correction de l'article au 29 mars : Dudu a enfin trouvé le mot correct correspondant à sa passion, il s'agit de la TAPHOPHILIE (voir cet article). Dorénavant, il ne sera plus mentionné que ce terme dans ce blog.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #Bonifacio, #cimetiere, #Corse, #dictionnaire, #taphophile, #taphophilie

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