Un peu de moi : ma région du Nord, mes goûts musicaux un peu décalés, ma passion pour le spectacle de rue, mes voyages... Un peu de tout : des blogs intéressants, de l'humour, des images, de l'émotion peut-être, de la vie, quoi...
Amis vieux, lillois, fivois, hellemmois, souvenez-vous et écrasez une larme de nostalgie.
Il y a cinquante ans, le 29 janvier 1966, le tramway B, le tram B, disparaissait définitivement.
Récit de ce dernier voyage et petite histoire des trams lillois dans cette vidéo de l'INA.
Le réseau de tramways lillois a été mis en place en 1874. D'abord hippomobile, il fut électrifié à la fin du siècle. En 1950, le réseau comportait 12 lignes desservies par 115 motrices de conception récente. Mais l'ambiance pro-automobile de l'époque signa leur arrêt de mort. La dernière ligne survivante fut la ligne B qui reliait la porte de Béthune à Hellemmes. Véritable colonne vertébrale de la banlieue est de Lille, elle rythmait le quotidien des fivois. Dudu, et il ne doit pas être le seul, entend encore le tintement de la cloche avertissant le piéton imprudent qui traversait la rue Pierre-Legrand. Il se rappelle aussi le temps où il se faufilait entre les voyageurs de la plate-forme arrière pour atteindre le poste de commande inoccupé, le wattman (conducteur) étant naturellement à l'avant ! , et simuler la conduite du tram (à l'envers !..).
Quelques images du Tram B en centre-ville et à Fives
Léopold Simons, dont vous a déjà parlé (voir -----> ici et là et pis aussi là), que vous apercevez dans la vidéo a illustré à sa manière l'ambiance des trams lillois.
Amis vieux, lillois, fivois, hellemmois, souvenez-vous et écrasez une larme de nostalgie.
Il y a cinquante ans, le 29 janvier 1966, le tramway B, le tram B, disparaissait définitivement.
Récit de ce dernier voyage et petite histoire des trams lillois dans cette vidéo de l'INA.
Le réseau de tramways lillois a été mis en place en 1874. D'abord hippomobile, il fut électrifié à la fin du siècle. En 1950, le réseau comportait 12 lignes desservies par 115 motrices de conception récente. Mais l'ambiance pro-automobile de l'époque signa leur arrêt de mort. La dernière ligne survivante fut la ligne B qui reliait la porte de Béthune à Hellemmes. Véritable colonne vertébrale de la banlieue est de Lille, elle rythmait le quotidien des fivois. Dudu, et il ne doit pas être le seul, entend encore le tintement de la cloche avertissant le piéton imprudent qui traversait la rue Pierre-Legrand. Il se rappelle aussi le temps où il se faufilait entre les voyageurs de la plate-forme arrière pour atteindre le poste de commande inoccupé, le wattman (conducteur) étant naturellement à l'avant ! , et simuler la conduite du tram (à l'envers !..).
Quelques images du Tram B en centre-ville et à Fives
Léopold Simons, dont vous a déjà parlé (voir -----> ici et là et pis aussi là), que vous apercevez dans la vidéo a illustré à sa manière l'ambiance des trams lillois.
Synthèse de nos articles consacrés au groupe culte nordiste des années 60-70
P'tit retour sur un groupe culte de notre région et un zoom sur quelques personnalités incontournables de ce groupe.
D'abord, qu'est-ce que c'est Les Capenoules ? Un p'tit coup de Wiki... sans glaçons :
Les Capenoules est un groupe du nord de la France dont la plupart des chansons sont en picard dans sa variante ch'ti. Le mot "capenoule" signifie "voyou" au sens affectueux du terme en patois picard.
Note de Dudu : Le mot capenoule, inconnu chez Guy Dubois qui manie plutôt le patois du Pas-de-Calais, se retrouve dans le Vocabulaire du patois lillois de louis Vermesse déjà évoqué dans notre blog :
Bref revenons à nos moutons...
En 1966, Jacques Defer (ou Jack Defer) fonde un groupe de musique ch'ti aux chansons paillardes et grivoises, les Capenoules sont nés. Peu après son adhésion au groupe, le photographe Francis Delbarre, change de nom et devient Raoul de Godewaesvelde. Très vite, sa forte stature (1,92 m pour 120 kg) et sa voix grave et rocailleuse en font la vedette incontestée du groupe, mais il déclarera toujours « Mi, j’sus pas canteux, j’sus photographe ! » (Moi je ne suis pas chanteur, je suis photographe). En 1967, c'est Maurice Biraud, sur Europe n°1, qui fera entendre le premier les chansons des Capenoules. Fin 1967, les Capenoules sortiront un disque 33 tours, avec le titre "les chansons de ma nourrice", pour qui connaît le patois ch'ti, chansons paillardes, grivoises. Peu de gens le savent, mais le grand succès du leader des Capenoules, Raoul, "Quand la mer monte" a été composé par Jean-Claude Darnal chanson vendue à plus de 150000 exemplaires.
Les 33 tours des Capenoules
Trois 45 tours
des Capenoules
Dudu aimerait revenir sur quelques personnages emblématiques de ce groupe et par là-même incontournables de la vie lilloise des années 60-70.
A tout seigneur, tout honneur : Raoul !
Les Capenoules n'auraient pas été les Capenoules sans Francis Delbarre. D'abord qui aurait fait les photos inoubliables des pochettes de disques ? Mais soyons sérieux, c'est surtout sa voix reconnaissable entre toutes qui a fait son succès.
Raoul nous conte l'histoire du Mongy, le tramway reliant Lille à Roubaix et Tourcoing.
La Chanson de Raoul, un précieux documentaire de FR3, où apparaissent de nombreux protagonistes des Capenoules ainsi que la famille de Raoul. A noter aussi la présence de Ronny Coutteure.
Jacques Defer
Jack Defer et son orchestre, l'un et l'autre étaient inséparables. Le musicien originaire d'Armentières est décédé en 2010. Jacques Defer, plus connu sous le prénom de Jack, est né d'une famille de musiciens mais c'est au conservatoire de Lille qu'il avait fait ses premières armes. Il était alors parti chercher fortune à Paris, où ses talents de saxophoniste lui ont valu le 1er prix du conservatoire national de Paris. C'est à l'époque qu'il entre dans la Garde républicaine de Paris. C'est de retour dans le Nord qu'il crée son orchestre qui se produira ensuite dans toute la France et en Belgique. C'est en 1965 qu'il fonde les Capenoules. Également pianiste de renom, le musicien avait dirigé pendant 14 ans l'école de musique d'Armentières. (Nord Éclair du 20/12/2010)
Robert Lefebvre
Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail. Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio, Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ». Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait : "Ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient." Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules. En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier (déjà évoqué ici). Hommage de Guy Dubois à Robert Lefebvre dans Ch'tis du monde (lien)
Un document de l'INA avec Robert Lefebvre et Pierre Célie. A 1'07, écoutez la voix caractéristique de Robert Lefebvre. Même sans le voir, on savait qu'il était là !
Biloute
Henri Leblond, surnommé Biloute, est lui aussi un des piliers... (de bistrot ?) du groupe.
Dans son café, le chanteur BILOUTE dédicace son dernier disque à son ami le peintre dunkerquois Arthur VAN EYCK. Puis il chante en chtimi sur l'air de la chanson d'Aznavour "Tu t'laisses aller".
Biloute est connu également pour avoir adapté des fables de La Fontaine et des contes de Perrault en patois.
Ch' corbeau et ch' renard
L'bieau p'tit capieau rouche
L' lief et l' tortue
Roger Frézin
Roger Frézin a étudié les arts graphiques à l'école des Beaux-Arts de Lille. En 1957, en réaction contre l’enseignement jugé trop académique et trop figé de l’école, il fonde l’Atelier de la Monnaie avec Pierre Olivier et Claude Vallois. Dans les années 1960, il participe au groupe surréaliste Phases, créé par le peintre Édouard Jaguer. Roger Frézin a également été membre du groupe nordiste les Capenoules. Il a été enseignant à l'école des Beaux Arts de Lille de 1972 à 1989. Roger Frézin était entre autres l'ami du mime Marceau avec lequel il ne manquait pas de se rencontrer à chaque fois que celui-ci se produisait à Lille. (Wiki)
Au sein des Capenoules, Roger Frézin était chargé des illustrations sur les pochettes de disques, collection d'images évidemment un peu lestes dont voici quelques échantillons...
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Roger Frézin au centre avec Marco Slinckaert à sa droite et Raoul à sa gauche
Mimi Ducherloque
Cet article de La Voix du Nord en 2009 ramènera les vieux Lillois (comme Dudu) 50 ans en arrière... Quelle époque !
Mimi reine de la nuit, ou la véritable histoire du Sherlock
Outrée par la description faite de son établissement, elle veut rétablir la vérité. Le Sherlock, son night-club du 12, rue de Pas, incendié en 1974, n'était aucunement un « claque ». Micheline Dehertogh, alias Mimi Ducherloque, ouvre la malle aux souvenirs pour ressusciter les grandes heures du Lille nocturne.
Acteur, comédien, la voix de Philippe Clay reste à jamais celle du « M'sieur Clemenceauuu » des Brigades du Tigre . Sa signature est la première du livre d'or de Micheline Dehertogh. Suivent Hugues Aufray, Claude François, Jean-Marc Thibault, Colette Renard, Annie Girardot, les Platters, Pétula Clark, Jean Richard, Bébel, Francis Blanche... ou Lionel Hampton, l'un des géants du jazz. « Celle-là, elle vaut de l'or », se rengorge doucement Mimi en tapotant le paraphe. Sur le papier racorni défile le vibrant panthéon du Sherlock, qu'elle prend à témoin. Son night-club n'était ni un « boui-boui » ni un « claque ». « Celui qui a dit ça nous veut du mal, s'indigne Mimi. Ma mère dormait à l'étage, avec mon fils et ma soeur. » L'avanie a un précédent : Aznavour. « Un type odieux, affirme Arlette, la soeur de Mimi. Il est arrivé en disant : "Elles sont où les filles ?" Mais attendez, c'est pas un bordel ! » Sur la moquette Maniglier du Sherlock se croise, dans les années 60, la crème du showbiz. « Il était bien situé, note Christian, un ami. À proximité, il y avait le théâtre (à l'opéra) et le cinéma Le Ritz, qui programmait des intermèdes musicaux entre les films, avec vedettes américaines le week-end. »
Saint des saints
À l'époque, Christian arrondit ses fins de mois en emballant des journaux la nuit. « Quand j'ai eu assez, j'ai fait faire, chez un tailleur, un costume marron avec chemise, cravate, godasses, pour entrer au Sherlock. Le premier jour, j'avais une sacrée trouille ; J'étais dans le saint des saints. » Au Sherlock, la nuit a une reine. Micheline a racheté le Méditerranée en 1957 avec son époux André. En 1961, ils le transforment et le rebaptisent. On lui donne du Mimi Ducherloque, nom sous lequel elle chante avec les Capenoules, ce groupe patoisant emmené par Raoul De Godewarsvelde. L'ancienne du cours Simon, née en 1926, en même temps que la façade du 12, a du bagout, de l'entregent et du succès. Son paradis pour noctambules, où se succèdent les orchestres (I Trovatori, I Siculi, I Quatro Derby...), constitue une étape incontournable sur la route des fêtards distingués, stars mais aussi habitués. Comme ce Fernand qui n'aimait rien tant que déclamer du La Fontaine, avec un faible pour Les Animaux malades de la peste.
S'il a oublié la peste, ce Lille d'antan n'est pas épargné par la pègre. « Un certain nombre de gens se sont aperçus qu'ici, ce n'était pas les mines », glisse Christian. « Ce sont les Niçois qui sont montés en premier, note Mimi. Mais les voyous, autrefois, avaient un code d'honneur. » Reste que le Sherlock est prié, une fois l'an, d'harmoniser ses tarifs avec ceux de ses concurrents. Une règle de bonne entente. Jusqu'aux réveillons de 1973, affirme Mimi. « On avait décidé de ne pas bastonner les gens qui nous faisaient vivre le reste de l'année. » Pas de hausse des prix, donc. Elle raconte les porte-flingues dépêchés, les menaces proférées. Un an plus tard, à deux semaines des fêtes, le 9 décembre 1974, le Sherlock explose en pleine nuit. Il inaugure une coutume lilloise qui verra, par la suite, d'autres établissements périr par le feu.
Le deuil du Sherlock
Le night-club de la rue de Pas ne se relèvera jamais. « J'étais en deuil, se souvient Mimi. Je disais "le Sherlock est mort". Et en 1976, mon mari est décédé. » Elle revend le bâtiment deux ans après. Les images et les amis, eux, la suivront au restaurant qu'elle tiendra, pendant quelques années, rue Solférino. Ils demeurent à ses côtés, aujourd'hui, et protestent quand le passé est insulté. « Lorsque les policiers m'ont interrogée, après l'incendie, ils m'ont dit que dans le milieu, j'étais classée blanc-bleu. » Au-dessus de tous soupçons, dans le jargon. La couleur la plus pure, pour les diamantaires. Blanc-bleu, aussi, les souvenirs clairs de Mimi, et ces yeux vifs encore, qui pleurèrent le soir où Fats Domino joua, à sa demande, Blueberry Hill dans son précieux Sherlock.
La façade du Sherlock, comme un symbole
Prêts pour la photo...
Une savoureux entretien avec Mimi en 2010, toujours dans la Voix du Nord :
Mimi n'aime pas les raccourcis. Gare : une femme capenoule n'est, en rien, une Capenoulette. « Les Capenoulettes, c'était Fifine, Thérèse et Ginette, et elles avaient de la chance que je les tolère », chapitre Micheline Dehertogh, faussement sévère. Mimi Ducherloque, c'est une Capenoule, point. En fait, c'est LA Capenoule. « C'était une famille, il n'y en a jamais un qui m'a draguée. Pierre Célie, un jour, a dit " Les Capenoules, c'est une histoire de mecs. " J'ai répondu "Merci ! " Et lui : "Ti, c'est pas pareil. " Ils me considéraient comme un copain. » Ça lui convenait, Mimi. Pas bégueule. « C'était sans doute plus choquant d'entendre une femme dire des choses vulgaires », reconnaît-elle, en traduisant quelques vers des P'tits poils du samedi soir : « Les poils de mon cul, je les ai revendus... » Dans son appartement de La Madeleine, elle chantonne en sirotant un vin d'orange. Comment croire qu'un demi-siècle a filé depuis qu'elle a ouvert, à Lille, le club avec lequel elle allait se confondre, le Sherlock ? Son regard n'a pas pâli depuis cette photo, prise dans un studio parisien, à l'enregistrement de Quand la mer monte. On l'y voit souffler dans un trombone, à côté de Darnal (l'auteur) et Raoul, qu'elle appelle toujours « Francis ». « Ce n'est pas Francis Delbarre qui s'est tué, c'est Raoul de Godewarsvelde », souffle-t-elle. Le suicide du colosse, en 1977, sonne le début de la fin des Capenoules.
L'aventure commence chez Mimi, rue de Pas. Au comptoir de ce Sherlock où se pressent alors les noctambules chics. André Verchuren cherche des chansons en patois. Un ami de la patronne, Robert Lefebvre, se met à écrire. Jack Defer rapplique avec son orchestre. « Ils ont enregistré le premier 45 tours au Sherlock, en une nuit, rappelle Francis Delabre, l'auteur de "Capenoules !". Il s'en est vendu plus de 10 000 exemplaires sous le manteau. » La machine est lancée. Foutraque, improvisée, joyeuse. Les Delbarre, Decubber, Lefebvre, Célie montent à Paris pour graver leurs « folques-songues en patois ». « On ne se prenait pas pour des stars. Un technicien parisien nous a dit "Il faut huit jours à Dalida, vous, en deux heures, c'est fait". On n'en a jamais fait un métier. »
Vénus sortie d'une cabine de plage
Elle a le don de la parole, Mimi. Elle lâche : « J'aurais voulu être une artiste. » Pas une Capenoule, une comédienne. « C'était mon rêve de faire du théâtre. Mon mari l'a gâché en venant me chercher à Paris quand j'étais au cours Simon. Être revenue à Lille, c'est mon éternel regret. Mais j'étais amoureuse... » Le Sherlock comblera ce manque. Il sera son théâtre. « Mon caillebotis, c'était ma scène à moi. J'en avais besoin. » Interprète de Du gris, de Dumont - « Je sens que mon âme s'en ira/Moins farouche/Dans la fumée qui sortira/De ma bouche » -, elle claironnait Baiss'ta gaine Philomène avec les Capenoules. Sur une photo célèbre, ces messieurs en tenue de baigneur n'ont d'yeux que pour Vénus sortie d'une cabine de plage. Son époux tordait le nez. Elle n'aurait arrêté pour rien au monde. Pas même pour lui. « J'étais devenue quelqu'un seule. Je représentais quelque chose. Je n'étais plus Micheline Dehertogh, je n'étais plus la femme de mon mari. J'étais Mimi Ducherloque. »
André Dekooninck
La Voix du Nord - 25/02/2015 - En attente de copie...
Michel Célie
Article de la Voix du Nord :
Natif de la Madeleine, près de Lille, Michel Célie, vers la fin de sa vie, vivait rue Lepic à Paris. Une rue dans laquelle se trouvait la maison de production des Capenoules, le label « Déesse », justement. Pour raconter sa vie, il résumait ainsi : « J’ai toujours eu de la chance ».
Adolescent, Michel Célie vit à Mouscron, où sa famille a déménagé : « Ma famille paternelle travaillait le lin, elle avait une entreprise de rouissage dans la vallée de la Lys. Il a été tiré au sort qui s’installerait à Mouscron. C’est tombé sur mon grand-père. » Quand il découvre le théâtre et l’écriture, il sait vite qu’il ne veut pas travailler dans le textile par tradition familiale.
Il crée alors sa troupe, « Les comédiens réunis ». Avec Pierre, son frère, et Robert Lefebvre (un ancien journaliste à La Voix du Nord), ils créent l’émission de télévision « Les copains du samedi » : « À l’époque, il n’y avait que trois chaînes de télévision dans le Nord - Pas-de-Calais mais une seule, la 3, le samedi soir. Les artistes se disputaient pour venir. »
Ces soirées se terminent autour d’un verre, entre amis et en chansons 100 % chti. Les Capenoules sont nés et préparent, en 1966, leur premier 33 tours. Mais ils n’ont pas de maison de disques. Pierre et Michel créent alors le label Déesse. Déesse parce que, quand il a fallu lui trouver un nom, ils partageaient un verre sur la Grand-Place de Lille. « Et ça a marché. Ce premier 33 tours s’est bien vendu. Le premier 45 de Raoul de Godewarsvelde – Tu n’es qu’un employé – a été diffusé tout de suite à la radio. » Le label Déesse a connu d’autres succès, notamment avec le « rital » Claude Barzotti, et avec la « Danse des canards ».
L’aventure des Capenoules se termine avec le décès de Raoul (Francis Delbarre), en 1977. De cette amitié, Michel Célie avait gardé l’habitude de déjeuner régulièrement avec son fils, Arnaud Delbarre, quand celui-ci était directeur de l’Olympia.
Plusieurs amitiés ont marqué sa vie, avec Jacques Brel qu’il avait connu à 19 ans, et surtout avec Bernard Dimey, l’auteur de « Mon truc en plumes ».
Marco Slinckaert
Marco Slinckaert, né en 1943, et mort le 13 décembre 2009, est illustrateur et sculpteur. Il a notamment fait partie de L'Atelier de la Monnaie fondé par l'artiste Roger Frézin.
Illustrateur pour plusieurs entreprises (Philips ou encore Valkeniers à Lomme), il a été l'un des premiers à exploiter le numérique et l'informatique dans ses œuvres. Sa recherche artistique est essentiellement axée autour de « l'incapacité d'accéder et de mettre au réel l'infinitude. Infinitude du temps, infinitude de l'espace, infinitude des nombres. »
Son œuvre la plus emblématique est la sculpture intitulée Fontaine de la Solidarité, représentant un ruban de Möbius qui orne le centre de la place de la Solidarité dans le quartier de Wazemmes à Lille. Inaugurée en 1989 par le président François Mitterrand, cette sculpture de 12 m de long par 7 m de haut est composée de 3000 éléments d'acier inoxydable pour un total de 10 tonnes. L'œuvre a été conçue par ordinateur par l'artiste, puis fabriquée par Inoxi France. Cette œuvre est souvent surnommée « Le Serpent » par les riverains, et la place sur laquelle elle se trouve, le « rond-point du Serpent », qui est devenu un repère géographique important à Lille.Marco Slinckaert était soliste et compositeur au sein des Capenoules. (Wiki)
Jacques Bonnaffé chante Min p'tit s'rin, chanson composée par Marco pour les Capenoules
Pour clore cet ensemble d'articles, essayons de classer les titres des Capenoules et terminons par les très attendues chansons (vraiment, vraiment...) paillardes.
Il convient donc d'avertir les visiteurs que la fin de cet article n'est pas destinée aux oreilles prudes ou sensibles.
Mais y'a pas... Dudu est obligé d'y passer s'il veut être exhaustif sur le sujet...
Donc , on vous disait : classification des chansons. Il est évident que certaines peuvent être classées dans plusieurs catégories. Et puis tout cela ne doit pas être pris trop au sérieux !
1 - Chansons régionales, voire locales, où sont cités des lieux ou des personnages typiquement nordistes ou lillois : Les gars du Nord Quind les inglaisses Ch'est mi D'siré Charlot l' bochu L' curé d' Saint-Louis ...
2 - Chansons festives ou/et chansons à boire : La zizique à papa Dins l' pouli à glaines Pitche et Mitche Dinse min fieux, dinse Ch' qu'in veut nous zaut' V'là l' diminche arrivé Ch'est un bon d'mi Lève tin verre ...
3 - Chansons consacrées aux femmes (!!!!) Eul' file d' Sainghin Eul' grante berlousse Rosalie Babache Eul' grosse Adrienne Elle s'appelle Françoise Eul' petite boteuse Ah la pourrisse Eun' file d' Saint Sauveur Eul' planque à pain
C'est-y pas poétique, tout ça ? Attention, maintenant, on rentre "dans le dur"...
4 - Chansons consacrées à l'appareil génital masculin, mais tout en douceur et à double sens. Les visiteurs assidus de se douteront que c'est notre catégorie préférée... Min p'tit s'rin Min poreau Min p'tit frère Min p'tit arrosoir ... Notez qu'il est souvent p'tit...
5 - Chansons un peu "caca prout". Là aussi, , on ne déteste pas... T'iros ti ? Eul' négresse Tout ch' ti qui pisse Jean Lariguette ...
Allez, on monte encore d'un cran...
6 - Chansons lestes, grivoises ou carrément paillardes Polka comme cha Les bogettes Baisse ta gaine, Philomène L'curé de chez nous Tant pis pour elle, tant pis pour nous L' société des grosses biroutes Les Capenoules vous saluent bien Sur la route de Sainghin In r'venant de l' kermesse ...
Enfin dernière catégorie, Dudu ne pensait pas en arriver là, mais le hasard d'un balade sur Youtube a bien fait les choses...
P'tit retour sur un groupe culte de notre région et un zoom sur quelques personnalités incontournables de ce groupe.
D'abord, qu'est-ce que c'est Les Capenoules ? Un p'tit coup de Wiki... sans glaçons :
Les Capenoules est un groupe du nord de la France dont la plupart des chansons sont en picard dans sa variante ch'ti. Le mot "capenoule" signifie "voyou" au sens affectueux du terme en patois picard.
Note de Dudu : Le mot capenoule, inconnu chez Guy Dubois qui manie plutôt le patois du Pas-de-Calais, se retrouve dans le Vocabulaire du patois lillois de louis Vermesse déjà évoqué dans notre blog :
Bref revenons à nos moutons...
En 1966, Jacques Defer (ou Jack Defer) fonde un groupe de musique ch'ti aux chansons paillardes et grivoises, les Capenoules sont nés. Peu après son adhésion au groupe, le photographe Francis Delbarre, change de nom et devient Raoul de Godewaesvelde. Très vite, sa forte stature (1,92 m pour 120 kg) et sa voix grave et rocailleuse en font la vedette incontestée du groupe, mais il déclarera toujours « Mi, j’sus pas canteux, j’sus photographe ! » (Moi je ne suis pas chanteur, je suis photographe). En 1967, c'est Maurice Biraud, sur Europe n°1, qui fera entendre le premier les chansons des Capenoules. Fin 1967, les Capenoules sortiront un disque 33 tours, avec le titre "les chansons de ma nourrice", pour qui connaît le patois ch'ti, chansons paillardes, grivoises. Peu de gens le savent, mais le grand succès du leader des Capenoules, Raoul, "Quand la mer monte" a été composé par Jean-Claude Darnal chanson vendue à plus de 150000 exemplaires.
Les 33 tours des Capenoules
Trois 45 tours
des Capenoules
Dudu aimerait revenir sur quelques personnages emblématiques de ce groupe et par là-même incontournables de la vie lilloise des années 60-70.
A tout seigneur, tout honneur : Raoul !
Les Capenoules n'auraient pas été les Capenoules sans Francis Delbarre. D'abord qui aurait fait les photos inoubliables des pochettes de disques ? Mais soyons sérieux, c'est surtout sa voix reconnaissable entre toutes qui a fait son succès.
Raoul nous conte l'histoire du Mongy, le tramway reliant Lille à Roubaix et Tourcoing.
La Chanson de Raoul, un précieux documentaire de FR3, où apparaissent de nombreux protagonistes des Capenoules ainsi que la famille de Raoul. A noter aussi la présence de Ronny Coutteure.
Voilà, on s'arrête pour aujourd'hui. La suite dans quelques jours...
Visionnez cette vidéo qui vous promène au-dessus de Lille en 3D...
A base de modélisation Google Earth et non pas de "vraie" vidéo, mais bluffant quand même...
Il est conseillé : - de mettre la vidéo en plein écran - d'avoir un ordi relativement costaud - de mettre la visulisation en HD (bouton paramètres -----> ) - de laisser la vidéo se charger (2mn environ selon le débit et l'ordi) avant de démarrer...
Si vous êtes intéressé par ce moyen de découvrir les villes par le ciel, vous conseille de visiter le site de UBICK où vous pourrez télécharger un "viewer" qui vous permettra de découvrir, manuellement cette fois non seulement Lille, mais aussi Paris, Marseille, Bastia, le Mont-Saint-Michel et bien d'autres sites.
Conformément aux prévisions de l'article précédent, vous propose la poursuite de la visite du cimetière de l'est.
Quelques sculptures intéressantes
La première, celle de Jules Maertens est la plus saisissante : son corps gît à terre et une allégorie en bronze de la France lui jette la palme du martyr, le tout adossé à un morceau original de la citadelle contre lequel il a été fusillé.
Albert Baert Architecte, il a conçu les Bains Lillois l'hôtel aux Cariatides de Lille, la loge maçonnique, rue Thiers et de nombreux monuments de ce cimetière
Terminons par le "côté obscur" du cimetière... Bien des choses pourraient s'améliorer... De nombreuses chapelles, notamment, dans un triste état, mériteraient une réhabilitation...
Aujourd'hui, vous propose une visite du cimetière de l'Est, un des deux cimetières de Lille, l'autre étant le cimetière du Sud.
Pour l'instant, nous ne disposons que d'images piochées sur le Web, mais Dudu vous promet de la vraie photo "tout de son cru" dès que ce sera possible, c'est-à-dire dans une quinzaine dejoursdesemainesdemois d'années...
De ce fait et, hélas, les images, pour la plupart, ne pourront être agrandies, contrairement à ce qui se fait dans ce blog en temps ordinaire.
Description du cimetière par Philippe Landru (c'est son vrai nom), webmestre du premier site cité ci-dessus :
Sur 22 hectares, le cimetière de l’Est fut créé en 1779 (ce qui en fait l’un des plus vieux cimetières de cette taille en France) sur un ancien parc, la famille propriétaire des lieux demandant, en cédant son terrain à la commune, qu’elle en conserve le caractère paysager. Ce qui fut fait : ce cimetière est admirable, sans aucun doute l’un des plus beaux de France et pourtant si méconnu, par les Lillois eux-mêmes ! Plus de 520 espèces végétales trouvent refuge ici, en plein milieu du quartier hyper moderne d’Euralille (le cimetière n’est qu’à quelques encablures de la gare). Comme dans toutes les villes, le cimetière de l’est dresse un portrait fidèle des paradoxes de Lille, entre un ancrage ouvrier important (et une tradition ouvrière socialiste solide qui y est née) et une tradition bourgeoise et catholique, qui puisa sa force dans les industries, en particulier les filatures. Les sépultures modestes, à l’écriture le plus souvent irréprochable à la manière d’une calligraphie de cahier d’enfant sage (c’est là une des caractéristiques de ce cimetière), côtoient les monuments opulents de la notabilité lilloise. Beaucoup de tombeaux de ce cimetière sont ornés de bustes, de médaillons et de statues…plus que d’usage en tout cas. Les « grandes pointures » ne sont pas si nombreuses, mais un très grand nombre de personnalités, connues par les Lillois, méritent d’être présentées dans la mesure où elles restituent l’histoire de la ville, et au-delà de l’agglomération.
Trois visages de Lille transformée le temps d'expositions et d'événements festifs sur le thème "Renaissance".
Photos cliquables pour être vues en grandes dimensions. Les grandes images sont tirées du site , les autres sont (pratiquement) tout de notre cru.
1 - Gare Lille-Flandres - Meteoros
Cinq immenses nuages suspendus dans la gare, peuplés d’étranges personnages, accueillent les voyageurs et leur procurent un sentiment de sérénité. Par Lucy & Jorge Orta
2 -La Vieille Bourse - Fruit tree
Choi Jeong Hwa est la figure de proue d'un "pop art" coréen. Pour lui, l'art est partout et pour tous. Son esthétique "Kistch" et multicolore mélange l'imagerie traditionnelle coréenne et la culture populaire. Avec ses gonflables disséminés dans la ville, il propose une manière ludique et originale de trouver la beauté dans toutes les choses du quotidien.
3 - Rue Faidherbe - Rambla brésilienne
La rue Faidherbe prend des allures carnavalesques grâce aux 12 totems qui y sont présentés. Imposants vestiges du carnaval de Rio, ces totems pensés par le carnavalesco Fabio Ricardo, symbolisent les thèmes et mythes de l’histoire des Cariocas.
Inspiré par le livre de Louis Vermesse,Vocabulaire du patois lillois, tente un alphabet recensant les particularités de chaque lettre, notamment dans la prononciation et la transcription écrite des mots. Notons que, le livre ayant été écrit en 1853, et le patois, quoi qu'on en dise, étant une langue vivante donc évolutive, certaines affirmations semblent aujourd'hui obsolètes.
Nous ne traduirons en français que lorsque ce sera nécessaire. Nous laissons au lecteur la satisfaction intellectuelle de procéder aux traductions les plus évidentes. Une occasion également de savourer queques délicieuses expressions picardes...Merci au blog chblog.com où nous avons pêché quelques trouvailles.
A : Même son qu'en français
B : Sonne devant toutes les voyelles. Il se supprime quelquefois, comme dans diable, obscure qui font diale, oscure etc.
C : Dans les mots français commençant par ch, le patois n'admet que le c (remplacé par qu pour fournir le son 'k'):
un cat - un quien - eun' mouque (en picard de la Somme : un cot, un tchien, éne mouque)
eun' canchon - eun' candelle - du carbon - des cauchettes
L' canchon dormoire
A s' n'âche chés candelles alles coûtent pus quère que l' gâtiau !
In n' peut point arsaquer de l' farine d'un sac d' carbon.
I marche à pieds d' cauchettes
Par contre, dans les mots français commençant par c ou s, le patois ajoute souvent un h :
chucher - eun' chavatte - un chifflot - un chuque...
I a fait cha aussi facil'mint qu'i arot chuché eun' pronne.
I l'a laissé querre comme eun' vielle chavatte.
Cha li pind au cul comme un chifflot à deux sous.
Eun' bouque à chuque
D : suivi d'un e muet, se transforme en t. De même lorsqu'il est suivi d'un r. D'ailleurs, on ne prononce jamais le r suivi d'un e final.
de l' limonate - fais à t' mote - d' l'iau caute - eun' marchante eud' pichons
E : Vermesse dit : "Rien qu'à la prononciation de cette lettre, on reconnaît le vrai Lillois. Il prononce l'e comme aye. Ainsi, il dit : marchaye pour marché, cafaye pour café, etc." Reconnaissons que depuis l'époque, la prononciation du patois a évolué...
F : remplace souvent le v.
un brafe garchon - eun' bett'rafe rouche - ch'est pas graf' - un bieau rêf'