Publié le 12 Octobre 2019

Ça f'sait un bout de temps qu'on y était allé...
Où donc ?

Ben en Grumeautique, le blog de Nathalie Jomard, voyons. La talentueuse illustratrice de la

De retour en Grumeautique

Mais si... Souvenez-vous : -----> ici
                            -----> et
                            -----> et encore là-bas
                            -----> et pis aussi

De retour en Grumeautique

Voici donc, pour nous détendre les zygomatiques, deux de ses récentes productions inspirées de sa vie quotidienne, l'une concernant les amitiés fraternelles, l'autre ce fameux poil blanc qui, comme chacun le sait, se pose toujours sur un vêtement noir...
Tranches de vie suivies du commentaire de l'auteure.

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Toutes ces effusions de tendresse fraternelle font fondre mon petit cœur de mÔman.
Décidément, je suis trop sentimentale.
Qu'est-ce que je les aime ces deux petites crottes de pétoncles putrides.

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Un p'tit tour en Grumeautique

Heureusement, grâce à l'Encyclocon du Professeur Amédée Têtedampoule, la science mais presque avance vers les sommets de la connaissance les deux pieds solidement rivés dans l'ignorance.
Et si toi aussi tu as des questions à soumettre au Professeur Têtedampoule, écris-lui avec ton plus beau clavier et il tentera d'y répondre avec toute la rigueur scientifique qui le caractérise.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #grumeautique, #humour, #nathalie jomard

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Publié le 10 Octobre 2019

Dans le cadre de notre grande rubrique "Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes" (voir -----> ici), Si j'avos su... a le plaisir de vous présenter aujourd'hui une œuvre inoubliable interprétée par le grand Raoul de Godewarsvelde, bien sûr très présent dans nos pages (voir -----> ici) :


 Si j'avos su, j'aros resté garchon

Version originale de Bertal, chanteur populaire lillois des années 20, 30 et 40

 

Maintenant une écoute agrémentée d'images tirées du livre Les chansons en imaches de Raoul de Godewarsvelde (Éditions Imbroglio - 2006).

Si j'avos su...

Attention, ne vous fiez pas aux paroles écrites dans la bande dessinée, la transcription est très approximative...

 

Voici maintenant les vraies paroles de ce chef d’œuvre :
(Notez que le deuxième couplet est complétement différent de la version originale de Bertal)

 

À vingt-chinq ans quand j'ai connu Lodie
Je n' vous l' cache point, j' l'aimos comme mes deux yeux
Pour li prouver je l' marios à l' brad'rie
J' comptos fin bien avoir un sort heureux
Mais j' n'avos point pus tros s'maines eud' ménache
Qu'elle retournot déjà tout dins m' mason
Que d' fos j'ai dit, in pinsant au mariache
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon


Auparavant elle n'étot point coquette
Même eul' dimanche, elle mettot point d' capieau
À ch't' heure la belle, i li faut de l' toilette
À chaque saison, i li faut du nouvieau
À l' poud' eud' riz, elle barboulle sin visache
Elle frise s' tiête tout comme un quien mouton
Elle se gasconne, faut intinde sin lingache
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon


Comme tous les jours, eun' nouvielle maladie
Est découverte par tous ches brafes méd'cins
Cont' les microbes, elle prind de l' garantie,
In avalant du g'nief' tous les matins
Dins les cantines, jusqu'au vin elle mesure
Elle est connue tout à fait comme l'houblon
À tous les r'pas, j' minge des peimmes tierre à l' plure
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon


Jeunes gins quind vous verrez qu'eun' sainte-nitouche
Vous parle d'amour, in abachant ses yeux
Méfiez-vous z'in, car bien souvint ch'est louche
Faire du batt'mint, ch'est c' qu'eun' femme elle fait d'mieux
Eun' fos marié, ch'est l'boulet pour la vie
Qu'il faut traîner hélas sans rémission
J'in ai la preuve, par m' puante Lodie
Si j'avos su, j'aros resté garchon
Si j'avos su, j'aros resté garchon

 

Passons à l'étude linguistique de cet immense texte littéraire :

Conjugaison
- Tout d'abord, un retour rapide sur la conjugaison à l'imparfait où les terminaisons en ais, ait... se font en os, ot... J' l'aimos, je l' marios, j' comptos, j' n'avos, elle retournot, elle n'étot, elle mettot.
Prononciation
- En patois lillois, les "ge" finaux se transforment souvent en "che", voir ménache, mariache, visache, lingache...
De même, le son "s" devient bien souvent "ch" : vingt-chinq, garchon, à ch't' heure (à cette heure, maintenant), in abachant (en abaissant), ch'est...
- Le son "an" se transforme souvent en "in" : dins, in pinsant, intinde, elle prind, j' minge, souvint, du batt'mint, j'in ai la preuve...
- Dans certains mots, on intercale un "i" dans la  dernière syllabe non muette : s' tiête, nouvielle, et particulièrement dans les noms en "eau": capieau (chapeau), nouvieau...
Mots et expressions
- Je l' marios à l' brad'rie (Je l'épousais à la braderie). La braderie de Lille est un événement important. Se marier à la braderie fait donc partie d'un grand événement... A noter l'emploi de marier en tant que verbe transitif : je la mariais.
- Si j'avos su, j'aros resté garchon. On pense indéniablement à la réplique du petit Gibus dans La Guerre des Boutons : Si j'aurais su, j'aurais pas venu. A la différence que la patois utilise correctement l'indicatif dans la première partie de la phrase. Par contre, "j'aros resté" fait un peu grincer les oreilles !

Si j'avos su...


- fin bien : dans cette expression "fin" veut dire très, extrêmement. On retrouve ce mot dans fin bénache (très tranquille, très heureux) ou fin bieau.
- un quien mouton : un chien mouton, bien sûr un caniche.
- Elle se gasconne : elle soigne son langage, n'emploie pas de mots patois. Elle a une attitude affectée et prétentieuse.
- du g'nief' : du genièvre. Jusque dans les années 50, il était encore habituel de se donner "un petit coup de fouet" en avalant un verre de genièvre avant de partir au travail. Il paraît que même les enfants avaient droit à un p'tit verre avant d'aller à l'école de bon matin...
- Elle est connue comme l'houblon (comme le houblon) : on pense tout de suite à l'expression "connu comme le loup blanc". Apparemment, elle se serait déformée dans les estaminets du Nord devant les pintes de bière... Certaines sources vont jusqu'à prétendre que l'expression "comme le houblon" est antérieure à l'autre ! Mais Dudu pense que la mauvaise foi régionaliste n'est pas loin...

Si j'avos su...


- des peimmes tierre à l' p'lure (des pommes de terre à la pelure). "Un sauret (hareng saur) et des peimmes tierre à l' p'lure" : un festin pour un vrai nordiste !

Si j'avos su...

 

Voilà qui clôt notre page musicale, culturelle et régionale.
Si j'avos su... espère que vous vous êtes cultivés ou pour le moins un peu amusés.

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #bertal, #garchon, #lille, #patois, #raoul, #raoul de godewarsvelde, #si j'avos su

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Publié le 26 Août 2019

Il y a quelque temps, La vie au cimetière - Manille (Philippines) vous présentait un lieu hors du commun : le cimetière chinois de Manille.
voir -----> ici

Dans cette même ville, il existe un autre cimetière au moins aussi étonnant : le cimetière Nord.
Ce lieu est habité non seulement par les défunts mais aussi par des vivants.

Des familles de sans-abri ont investi les caveaux, les sépultures, les mausolées...
En 2016, un photographe, Hubert Sacksteder, réalisait un portfolio sur ce lieu.

 

Depuis, les choses ont évolué et une petite ville dans la ville s'est développée dans le cimetière avec ses commerces, ses artisans, son terrain de basket et même une école...
Dudu a retrouvé sur la toile deux reportages plus récents, l'un de TF1, l'autre de France 5 nous présentant cet endroit unique.

 

Exceptionnellement, et contrairement aux (bonnes) habitudes de La vie au cimetière - Manille (Philippines) , les documents de cet article sont estampillés
rien de mon cru. (ne cherchez pas la contrepèterie...)

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #cimetière, #manille, #philippines

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Publié le 24 Juillet 2019

Lille 3000 - Eldorado a récupéré quelques crânes de Mexicraneos et les a installés dans l'espace vert de l'Ilôt Comtesse ainsi qu'à différents endroits de la Métropole.

Mais, direz-vous, qu'est-ce que Mexicraneos ?
Pour tout savoir sur cette exposition mexicaine et son génial initiateur M. Garcia Lopez, entrepreneur de pompes funèbres, lisez donc le préambule du diaporama ci-dessous.

 

Il faut savoir que la fête des Morts est un incontournable du Mexique et que M. Garcia Lopez occupe une place primordiale dans les animations de cette fête. Et on pense qu'il doit se faire une belle cagnotte chaque année au mois de novembre !

Lors d'un récent voyage au Mexique pendant la semaine suivant la fête des Morts, Dudu a pu constater l'omniprésence de "Funeraria J. Garcia Lopez" dans le quartier de Coyoacan à Mexico comme en témoignent les images ci-dessous (tout de son cru comme d'hab'). Mises en scène de funérailles, concerts de musique, projection de films pour enfants, jusqu'à la présentation d'un corbillard, M. Garcia Lopez sponsorise tout !

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

Lille à l'heure mexicaine - 3e regard...

A Mexico, en plus du défilé d'alebrijes organisé sur la grande avenue de Mexico, la Reforma, les visiteurs peuvent admirer la collection complète des crânes de Mexicraneos.

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #coyoacan, #fete des morts, #gacia lopez, #lille 3000, #mexicraneos, #mexique

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Publié le 12 Juillet 2019

Après Héros de fil et de bois,
Faire-part
est heureux de vous annoncer la naissance de son petit dernier.
Son nom est déjà trouvé, il s'appelle 70...

Pour le découvrir, cliquez donc sur la bannière ci-dessous.

Faire-part

Et merci d'avance pour vos commentaires, critiques ou encouragements.

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Rédigé par Dudu49

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Publié le 3 Juillet 2019

Gare Saint-Sauveur - Môm'Art

A la gare Saint-Sauveur se tient l'expo Môm'Art consacrée aux travaux des écoliers lillois sur le thème de l'Eldorado, et plus précisément en ce qui nous concerne, du Mexique.
Ce qui nous donne une explosion de couleurs et de créativité qui séduit les visiteurs (sûrement plus que l'ésotérique expo voisine la "Déesse Verte" !).

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #Eldorado, #gare saint sauveur, #lille, #Lille 3000, #mexique, #mom art, #mom'art

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Publié le 2 Mai 2019

Comme le monde entier le sait... ou pas, le Mexique débarque à Lille le temps des festivités de Lille 3000 dénommées Eldorado.

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards est allé mettre son nez dans trois lieux présentant trois aspects de la culture mexicaine.

Rue Faidherbe : Les Alebrijes

 

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Comme d'hab, les images sont cliquables pour être vues en taille XXL

et bien sûr... Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

 

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

 

Toutes ont été créées spécialement dans des ateliers spécialistes des alebrijes au Mexique, et acheminés à Lille en quelques mois.

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

Lille à l'heure mexicaine - Premiers regards

A titre informatif, vous pouvez zieuter la vidéo ci-dessous pésentant la préparation du défilé d'alebrijes organisé en 2016 sur la grande avenue de Mexico, la Reforma.

 

 

La suite bientôt...

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #alebrijes, #eldorado, #lille 3000, #mexique

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Publié le 15 Mars 2019

Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes...

Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes se doit de connaître !

Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :

Cliquez donc -----> ici

Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...

Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.

Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...  

Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :

Refrain :

Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu,
dins ches cafés.-concerts,
In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres

À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école,
j’allos à l’école du père Anatole
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni

Refrain

À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion,
j’ faisos m’communion à l’église St Jean
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle

Refrain

À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse,
j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels

Refrain

À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine,
j’allos à l’usine du vieux père Achille
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil

Refrain

À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel,
j’ai passé l’ consel pour la révision
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis

Refrain

À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine,
j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji

Refrain

À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre,
j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie

Refrain

À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant,
j’avos un infant, gros comme un cochon
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi

Refrain

 

Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...

 

boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.

cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes
Œuvre de Léopold Simons (voir -----> ici)

candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier !
Voir la lettre C dans l'article -----> ici

consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files.
Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil.
Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...

gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse.
Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.

Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe)
Trinner dins ses maronnes. (avoir peur)
Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande)
N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet)
Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li !
Pour parler d'une mauvaise bière, on dit:
- Alle sint l' maronne du brasseux !
I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones.
(Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-

Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis...
néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...

quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.

On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine.
Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"

siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle

toudis : toujours, voir -----> ici

Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois :
J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos
elle dijot, i' étot
z' étottent
les "ai" finaux du français se transforment en "o".
A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

 

Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules.
Deux titres reprennent le thème :

Ratatchu bochu

et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)

Les bochus

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #boujon, #capenoules, #charlot l'bochu, #maronne, #patois, #picard, #toudis

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Publié le 15 Mars 2019

Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes...

Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes se doit de connaître !

Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :

Cliquez donc -----> ici

Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...

Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.

Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...  

Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :

Refrain :

Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu,
dins ches cafés.-concerts,
In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres

À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école,
j’allos à l’école du père Anatole
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni

Refrain

À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion,
j’ faisos m’communion à l’église St Jean
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle

Refrain

À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse,
j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels

Refrain

À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine,
j’allos à l’usine du vieux père Achille
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil

Refrain

À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel,
j’ai passé l’ consel pour la révision
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis

Refrain

À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine,
j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji

Refrain

À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre,
j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie

Refrain

À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant,
j’avos un infant, gros comme un cochon
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi

Refrain

 

Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...

 

boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.

cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes
Œuvre de Léopold Simons (voir -----> ici)

candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier !
Voir la lettre C dans l'article -----> ici

consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files.
Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil.
Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...

gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse.
Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.

Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe)
Trinner dins ses maronnes. (avoir peur)
Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande)
N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet)
Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li !
Pour parler d'une mauvaise bière, on dit:
- Alle sint l' maronne du brasseux !
I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones.
(Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-

Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis...
néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...

quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.

On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine.
Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"

siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle

toudis : toujours, voir -----> ici

Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois :
J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos
elle dijot, i' étot
z' étottent
les "ai" finaux du français se transforment en "o".
A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

 

Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules.
Deux titres reprennent le thème :

Ratatchu bochu

et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)

Les bochus

 

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Rédigé par Dudu49

Publié dans #boujon, #capenoules, #charlot l'bochu, #maronne, #patois, #picard, #toudis

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Publié le 15 Mars 2019

Titre aussi concis que culturel pour un nouvel article de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes...

Le chef-d'œuvre en question s'intitule Charlot l'bochu et nous est offert par les Capenoules, groupe symphonique et vocal éminemment intellectuel que tout amateur de Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes se doit de connaître !

Au cas invraisemblable où quelqu'un n'aurait pas connaissance de ces grands artistes, nous vous rappelons qu'un article pratiquement exhaustif leur fut consacré dans ce blog :

Cliquez donc -----> ici

Bref, vous l'avez compris, encore une fois à lire au second degré, et pas pour les yeux et les oreilles sensibles...

Ecoutez... et regardez d'abord le chef-d'œuvre agrémenté de quelques images d'époques.

Note de Dudu à l'attention des visiteurs pointilleux : Non, le s au bout d'époques n'est ni une faute de frappe, ni une erreur orthographique. Il s'agit bien d'images de deux époques différentes : l'une, les années 1900-1920 évoquées dans la chanson ; l'autre, les années 1970, période de gloire des Capenoules...  

Passons maintenant au texte tout en nuances et en finesse littéraire :

Refrain :

Ch’est mi Charlot l’bochu, Roubaix, Tourcoing , m’a vu,
dins ches cafés.-concerts,
In sifflot des grands verres. In sifflot des grands verres

À l’âge eud’ six ans, j’allos à l’école,
j’allos à l’école du père Anatole
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ quios dins m’maronne chaque fos qu’ j'étos puni

Refrain

À l’âge eud’ douze ans, j’ faisos m’communion,
j’ faisos m’communion à l’église St Jean
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme candelle eul’ boujon d’eune équelle

Refrain

À l’âge eud’ quinze ans, j’allos à l’ gymnasse,
j’allos à l’ gymnasse pour devenir un as
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’ faisos l’ grand solel avec mes deux ortels

Refrain

À l’âge eud’ seize ans, j’allos à l’usine,
j’allos à l’usine du vieux père Achille
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
J’ filos toutes les files, au lieu d’ filer min fil

Refrain

À l’âge de dix-huit ans, j’ai passé l’ consel,
j’ai passé l’ consel pour la révision
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
z’étottent stomaqués eud’ vir min père Louis

Refrain

À l’âge eud’ dix-neuf ans, j’ai perdu m’ quinzaine,
j’ai perdu m’ quinzaine dins les cabarets
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’pissos dins m’ maronne tellemint qu’ j’avos d’ plaiji

Refrain

À l’âge eud’ vingt ans, j’allos à la guerre,
j’allos à la guerre, pour tuer l’ Kaiser
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
j’avos comme fusil un manche eud’ parapluie

Refrain

À l’âge eud’ trente ans, j’avos un infant,
j’avos un infant, gros comme un cochon
Ha ! Mes bons amis, j’ m’in rappellerai toudis,
eum’mère elle me dijot qu’i’ étot plus biête que mi

Refrain

 

Passons donc l'analyse de texte, partie culturelle (!!!!!!) et linguistique de notre article en liaison avec la rubrique patois de notre blog. Nous procéderons par ordre vaguement alphabétique comme de coutume dans nos pages...

 

boujon : C'est un belgicisme qui désigne un barreau de chaise , de balustrade ou d'échelle. Ce mot est aussi employé dans le parler populaire morvandais et normand.

cabaret : Un cabaret ou un estaminet est originellement un débit de boissons, synonyme de café, mais servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes
Œuvre de Léopold Simons (voir -----> ici)

candelle : une chandelle. Le patois du Nord a tendance à transformer les "ch" en "qu". Du coup, on voit tout de suite ce qu'est une équelle et ce que c'est que quier !
Voir la lettre C dans l'article -----> ici

consel : Conseil. Le patois n'aime pas le son "ille" final, il le transforme en "l". Voir dans la même chanson : ortel, solel, files.
Au siècle dernier, les conscrits passaient le Conseil de Révision, sorte de visite médicale pour décider s'ils étaient aptes à faire leur service militaire.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

filer : J' filos toutes les files au lieu d' filer min fil.
Admirez la finesse du jeu de mots autour du fil...

gymnasse : Le patois n'aime pas trop le son "z". Ainsi, église devient égliche ou églisse, fraise devient fraisse, anglaise devient inglaisse... Et gymnase devient gymnasse.
Au début du xxe siècle, les pratiques physiques d’entretien s’organisent autour du culte de la force, tant dans les sociétés militaires que dans les gymnases de culture physique. Il était de bon ton de fréquenter le gymnase comme preuve de masculinité.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques considérations historiques et remarques linguistiques picardes

Le Kaiser : empereur d'Allemagne au XIXe siècle et au début du XXe. Le dernier Kaiser fut Guillaume II destitué à la fin de la deuxième Guerre Mondiale en 1918. Ce qui permet de dater approximativement la chanson.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

maronne : culotte. Une maronne est une culotte, quelquefois on dit les maronnes, qui désignent alors plutôt un pantalon.

Armonte et' maronne, tin patalon i quet. (ton pantalon tombe)
Trinner dins ses maronnes. (avoir peur)
Alle porte les maronnes. (c'est la femme qui commande)
N' pos t'nir dins ses maronnes (un gringalet)
Quind in dit à un homme qu'y a rin dins s'maronne, ch'est pos flatteur pour li !
Pour parler d'une mauvaise bière, on dit:
- Alle sint l' maronne du brasseux !
I li a mis s’ main à s’ maronne, pour qu’elle li cultive ses prones.
(Les Capenoules - Les filles de St Sauveur) -sans commentaires...-

Père Louis : Allusion au sexe masculin, d'origine inconnue, apparemment pour la rime avec toudis...
néanmoins, ledit sexe revient souvent dans les chansons des Capenoules. Voir : Min p'tit s'rin (-----> ici), Min p'tit arrosoir, Min poreau, Min p'tit frère...

quinzaine : Autrefois, les ouvriers touchaient leur salaire toutes les deux semaines, d'où le terme quinzaine. Certains s'empressaient d'aller la dilapider au cabaret.

On disait aller à l'quinzaine quand on allait recevoir son salaire au bureau de l'usine.
Quand quelqu'un avait mauvaise mine, on lui disait : " In dirot qu' t' as perdu t' quinzaine !"

siffler des verres : boire d'un trait. Expression déjà en usage au XVe siècle

toudis : toujours, voir -----> ici

Petit apparté sur la conjugaison à l'imparfait en patois :
J'allos, j' quios, j'étos, j'avos, j' faisos,j' filos, j'pissos
elle dijot, i' étot
z' étottent
les "ai" finaux du français se transforment en "o".
A titre d'exemple la conjugaison complète des auxilaires être et avoir d'après Guy Dubois.

Anatomie d'un chef-d'œuvre musical suivie de quelques remarques linguistiques picardes

 

Signalons pour conclure que les bochus sont encore à l'honneur dans l’œuvre des Capenoules.
Deux titres reprennent le thème :

Ratatchu bochu

et (Cliquer sur le titre pour afficher le lecteur)

Les bochus

 

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